L’ACQ demande au gouvernement de rétablir l’ordre sur les routes du Québec

Hier à Boucherville, un camionneur n’a pas correctement appliqué les freins devant une file de voitures qui ralentissaient sur l’autoroute 30. S’en est suivie une collision où au moins une personne a été tuée et plusieurs blessées.

Si les contrôleurs routiers avaient été en patrouille, ce qu’ils ont cessé de faire depuis le mois de mars après une décision du tribunal, peut-être auraient-ils intercepté ce conducteur avant que se produise l’irréparable, estime l’Association du camionnage du Québec (ACQ).

Flashs de police rouges et bleus en avant-plan, camion Volvo jaune en arrière-plan
(Photo : iStock)

«Les récents accidents d’une gravité extrême, qui ont profondément ému la population québécoise, mettent en lumière la suspension prolongée des interventions non planifiées sur les routes effectuées par les constables spéciaux de Contrôle routier Québec», écrit l’ACQ dans un communiqué publié plus tôt aujourd’hui.

Selon l’association de transporteurs, cette situation qu’elle qualifie d’intolérable vient s’ajouter à un problème bien connu des autorités : la présence soutenue de conducteurs frauduleusement incorporés sur les routes.

Leurs comportements sont particulièrement propices aux collisions et entachent la perception du public envers l’industrie du camionnage, y compris envers les entreprises respectueuses des lois fiscales et des règles de sécurité, ajoute l’ACQ.

Un «paradis de délinquants»

«C’est un paradis de délinquants, pour les délinquants qui veulent ne pas se conformer aux règles», déclare Marc Cadieux, président-directeur général de l’ACQ, en entrevue à Transport Routier.

Il dit craindre que l’opinion publique finisse par ne plus faire la différence entre un bon et un mauvais chauffeur et associe systématiquement tous les camions à un danger potentiel.

Les expéditeurs seraient en partie à blâmer, estime le PDG de l’ACQ.

«Il y a des expéditeurs qui donnent de l’ouvrage à ces compagnies au nom du meilleur prix, mais sans évidemment avoir pris conscience des valeurs de société», déplore M. Cadieux, faisant référence aux contributions sociales qu’éludent ceux qui ont recours au stratagème Chauffeur inc. pour livrer une concurrence déloyale.

«On voit des expéditeurs qui font fi de ça, se ferment les yeux au nom du meilleur prix.»

«Ceux qui viennent d’ailleurs, principalement dans cette industrie du Chauffeur inc., ils le savent qu’au Québec c’est ouvert à tous», ajoute le PDG de l’ACQ au sujet du sentiment d’impunité alimenté par l’absence de patrouilleurs du contrôle routier sur nos routes.

Legault, Guilbault et Bonnardel interpellés

Un signal d’alarme a été renouvelé ce matin, une lettre ayant été adressée au premier ministre François Legault, à la ministre des Transports et de la Mobilité durable Geneviève Guilbault, ainsi qu’au ministre de la Sécurité publique François Bonnardel.

«Nous demandons donc au gouvernement de rétablir l’ordre sur les routes en donnant à Contrôle routier Québec toute la latitude nécessaire dans l’exercice de son mandat», martèle l’ACQ, qui insiste par ailleurs pour que le gouvernement fasse du stratagème Chauffeur inc. un enjeu de premier plan.


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