L’ACQ préoccupée par les emplois en camionnage avec le lock-out au port de Montréal

Le syndicat des débardeurs du port de Montréal a massivement rejeté hier, dans une proportion de 99,7 %, la dernière offre déposée par l’employeur, qualifiée de finale et globale.

Devant cette position, l’Association des employeurs maritimes (AEM) a déclaré n’avoir d’autre choix que de décréter un lock-out, entré en vigueur dimanche soir à 21h00.

Entrée du terminal Termont, vue de l’intérieur de la cabine d’un camion
(Photo : Port de Montréal)

La section locale 375 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) juge que l’offre en question était « hostile » et qu’elle a été rejetée parce que « l’employeur a refusé de négocier. »

« Si l’AEM avait respecté les processus de la négociation collective, on aurait trouvé des solutions et on aurait évité un conflit au port de Montréal », a affirmé Michel Murray, conseiller syndical au SCFP dans la soirée de dimanche.

L’ACQ et les impacts sur le camionnage

L’Association du camionnage du Québec (ACQ), qui avait jusqu’à maintenant été discrète dans ce conflit, a pris ce matin position pour défendre ses transporteurs membres ainsi que leurs employés.

« Près de 2000 camions se déplacent chaque jour au Port de Montréal. Le gel de ses activités aura une répercussion immédiate sur de nombreux transporteurs qui devront envisager des licenciements », a déclaré Marc Cadieux, président-directeur général de l’ACQ.

L’ACQ dit encourager vivement les parties prenantes à trouver une solution pour relancer au plus vite les activités commerciales au port, afin de ne pas compromettre la réputation de Montréal sur la scène internationale.

En cela M. Cadieux joignait sa voix à celle de Julie Gascon, PDG de l’Administration portuaire de Montréal, qui s’inquiète des répercussions sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

« Les emplois logistiques sont les premiers affectés et c’est inévitablement le début d’un effet domino sur l’ensemble de l’économie dans les marchés de l’on dessert », a déclaré Mme Gascon.

L’intervention du fédéral demandée d’un côté, fustigée de l’autre

La situation actuelle étant au point mort, l’employeur dit réitérer sa demande au ministre fédéral du Travail, Steven MacKinnon, d’intervenir pour dénouer l’impasse le plus rapidement possible.

« Plusieurs acteurs des milieux économiques et maritimes de partout au pays ont logé la même demande dans les dernières semaines afin de faire bouger les choses. Tous souhaitent, comme l’AEM, que ce conflit soit résolu pour que cessent d’être prises en otage les entreprises québécoises et canadiennes qui doivent pouvoir se fier à des activités prévisibles et continues au Port de Montréal », dit l’AEM par voie de communiqué.

L’employeur estime que l’offre sur la table est généreuse. Au terme du contrat de travail proposé, la rémunération globale moyenne d’un débardeur au port de Montréal serait de plus de 200 000 $ par année, rappelle l’AEM.

Au syndicat, on dit plutôt que l’employeur se comporte en « bully » et on laisse entendre que l’AEM a volontairement laissé s’envenimer la situation pour qu’Ottawa vole à son secours.

« Si l’employeur ne répond pas positivement à l’invitation du syndicat de s’asseoir pour négocier, clairement il veut l’intervention du gouvernement fédéral. Ce serait un autre affront aux droits des travailleuses et travailleurs de négocier collectivement », a conclu le porte-parole syndical Michel Murray.

En temps normal, des marchandises d’une valeur d’environ 400 millions $ transitent par le port de Montréal chaque jour.

Les ports de Colombie-Britannique sont aussi en situation de lock-out, ce qui, additionné à l’arrêt de travail au port de Montréal, compromet l’ensemble de la chaîne logistique du pays.


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