L’automatisation renforce les opérations logistiques

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«L’automatisation est un sujet qui transforme en profondeur l’industrie du transport et de la logistique. Les véhicules autonomes, les entrepôts robotisés, les systèmes d’information en temps réel, l’accompagnement à distance… autant de technologies qui ne sont plus de la science-fiction», a souligné Magalie Amiel, directrice du service-conseil en transports de marchandises et logistique chez CGI, en ouverture d’un panel sur l’automatisation organisé par CargoM et le Cégep André-Laurendeau.

Les intervenants ont présenté leur utilisation des technologies automatisées au sein de leur organisation, ainsi que les avantages et les défis liés au facteur humain et aux opérations dans le secteur logistique.

De gauche à droite : Annie Dauphinais, Michel Robert, Ferdinand Gnaegi, Pierre-Luc Laurin et Magalie Amiel (Photo : David Simard-Jean)

L’automatisation pour soutenir la main-d’œuvre

«L’automatisation, ça commence avec un enjeu dans une entreprise. Pour nous, c’est une façon d’améliorer un processus existant, de perfectionner quelque chose et de réduire la dépendance au côté humain», a déclaré Michel Robert, président et chef de la direction de Groupe Robert.

Les panélistes ont d’ailleurs souligné que l’automatisation peut aider une industrie aux prises avec d’importants défis de main-d’œuvre, notamment pour les tâches de manutention lourde.

«Porter des caisses de vin, ce n’est pas facile ; ça fait mal au dos et ce n’est pas la tâche la plus sexy», a illustré Ferdinand Gnaegi, chef du service de transport international à la SAQ. «On s’en va vers l’automatisation pour aider les gens à mieux fonctionner, tant au niveau de la productivité que de la santé-sécurité.»

L’automatisation améliore également l’efficacité opérationnelle en éliminant des tâches sans valeur ajoutée, permettant de rediriger les travailleurs vers des fonctions plus stratégiques.

«Les nouvelles technologies vont rendre l’aide à la décision beaucoup plus performante. Elles élimineront certains besoins humains à faible valeur ajoutée pour les remplacer par des rôles décisionnels à forte valeur ajoutée», a expliqué Pierre-Luc Laurin, directeur général de l’Institut du véhicule innovant (IVI).

«L’objectif, ce n’est pas de remercier les gens, c’est de les utiliser autrement», a ajouté Annie Dauphinais, vice-présidente de la division logistique routière chez Synergie Canada.

L’importance d’innover

Pour les intervenants, l’automatisation doit s’accompagner d’un véritable esprit d’innovation. «C’est très important aujourd’hui : si tu n’innoves pas, tu fais du surplace», a souligné M. Robert.

«L’innovation et l’automatisation sont très reliées. Pas nécessairement qu’un remplace l’autre, mais l’innovation est l’idée et l’automatisation en devient souvent la conclusion», a ajouté Mme Dauphinais.

M. Gnaegi appelle toutefois à l’humilité technologique. «Il faut faire attention à ne pas innover seulement pour innover. On a parfois des idées extrêmes dont le résultat n’est finalement pas aussi intéressant qu’on l’aurait pensé. Automatiser, c’est bien, mais l’innovation doit avoir du sens.»

L’humain derrière la machine

Le facteur humain demeure central dans tout projet d’automatisation. Les panélistes ont insisté sur l’importance d’expliquer clairement aux employés que les technologies visent à compléter leur travail, non à les remplacer.

«Il faut commencer par discuter avec la main-d’œuvre et leur expliquer qu’ils sont un complément, qu’on ne vient pas leur enlever leur travail», a mentionné M. Gnaegi.

«C’est l’art de l’humain derrière : s’assurer que les gens se rallient à ta cause. La façon de faire, c’est de les inclure», a souligné Mme Dauphinais. «Ceux qui prennent réellement les décisions, ce sont les gens sur le terrain, parce qu’ils ont tous les détails de ce qui se passe.»

Selon elle, impliquer le plus de personnes possible dans le processus décisionnel améliore autant l’efficacité opérationnelle que la communication interne.

Les employés peuvent aussi évoluer vers des postes plus spécialisés, comme analyste opérationnel ou technicien de maintenance d’automates, au prix d’une formation supplémentaire.

Mais pour M. Robert, le plus grand défi demeure l’adaptation au changement : «Les gens doivent apprendre à travailler sur une feuille blanche et oublier ce qu’ils faisaient avant. Ç’a été le plus grand défi chez nous : comprendre comment l’automatisation vient t’aider et comment il faut que tu suives la machine.»

Données et intelligence artificielle

Au-delà de l’automatisation, Michel Robert voit beaucoup de potentiel dans l’intelligence artificielle. «Je pense que l’IA va venir nous aider. Tous les algorithmes qui améliorent la planification et la répartition, ce sont ceux qui les utilisent qui en profitent.»

Pour Pierre-Luc Laurin, l’avenir repose sur la capacité des organisations publiques et privées à bien comprendre et exploiter leurs données.

«Dans le futur, l’impact sera énorme. Les entreprises, l’État et les villes devront bien saisir ces données et en tirer le meilleur.»

L’automatisation au service de l’efficacité énergétique

L’automatisation pourrait également aider à réduire l’empreinte environnementale du transport, surtout dans un contexte où la transition vers les carburants alternatifs progresse lentement.

«Malheureusement, il a fallu retourner au camion diesel. Imaginez le recul», a déploré M. Robert. «On avait des camions très efficaces au gaz naturel liquide, et on est revenus au diesel parce que la technologie n’était pas prête.»

Selon Mme Dauphinais, l’automatisation et l’intelligence artificielle permettront au moins d’optimiser davantage les routes : «La seule chose qu’on peut faire pour le moment, c’est d’optimiser les trajets le plus possible.»


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