Le CFTC prépare aujourd’hui la formation de demain

Diriger une école de formation en transport routier, c’est un peu aussi gérer une flotte de camions et de remorques, et c’est avoir la responsabilité de prendre les bonnes décisions en matière de renouvellement du matériel roulant. Afin d’avoir le portrait de l’état actuel et futur du marché, le Centre de formation en transport de Charlesbourg (CFTC) a tenu une journée d’information à l’intention de son personnel enseignant.

Cette journée a été organisée à l’initiative des directeurs adjoints Dave Beaulieu et Martin Boivin, avec le soutien et l’engagement de Michel Couture, directeur du CFTC.

«L’objectif, c’était de préparer l’équipe à faire une transition graduelle vers les technologies de demain», résume M. Couture.

(Photo: CFTC)

Des spécialistes représentant les manufacturiers de camions et des experts en énergie ont défilé durant toute la journée pour faire part des enjeux réglementaires et techniques entourant les camions lourds.

«Soit on résiste aux changements, soit on s’y adapte. Il est essentiel que nos gens fassent partie du processus de changement. Nous avons invité des spécialistes qui sont venus confirmer les messages que nous entendons quand vient le temps d’acheter des camions», poursuit M. Couture.

 «C’est inévitable que les changements technologiques et réglementaires vont nous toucher, ce n’est qu’une question de temps. Nous voulions voir où notre équipe se situe. En tant qu’école de formation, nous voulons être des chefs de file.»

Il est important pour M. Couture que son équipe d’enseignants soit prête à s’engager face aux changements. La réponse qu’il a reçue est «hyper positive». Mais tout le monde est conscient qu’il faudra procéder graduellement et qu’il y aura des étapes plus difficiles. «Nous voulons faire la transition la plus douce possible», insiste le directeur du CFTC.

Alors que la réglementation sur les émissions des camions favorise de plus en plus les transmissions automatisées, le CFTC se prépare à prendre des décisions stratégiques importantes en ce qui a trait au renouvellement de sa flotte. Une partie de sa clientèle a toujours besoin de camionneurs capables de maîtriser les transmissions manuelles dans des applications plus lourdes et dans des régions plus montagneuses.

«Le trois quarts de notre flotte est équipée de transmissions manuelles. Et dans la formation, l’enseignement de la transmission prend quand même beaucoup de temps», explique Michel Couture. «On voit encore planer dans l’industrie le besoin d’avoir la mention M sur le permis de classe 1. Et on voit aussi des élèves qui font leur cours avec une transmission automatisée et qui reviennent pour avoir une mention M. Il y a encore un besoin de ce côté et notre rôle, c’est d’y répondre.»

Un pas à la fois

L’école veut aussi savoir comment elle devra s’adapter en matière de formation et comment les enseignants perçoivent ces changements.

«Les professeurs font des suggestions et nous travaillons actuellement à planifier la suite des choses dans le contexte de la formation, parce que le but dans tout ça, c’est de ne pas être en réaction, mais en proaction. Il faut commencer tranquillement à faire des pas pour que les enseignants soient prêts lorsque la technologie sera là», insiste Michel Couture.

Un camion a une durée de vie d’une dizaine d’années au CFTC, ce qui permet à la direction de faire une transition graduelle. «Un petit pas à la fois», répète d’ailleurs Michel Couture, ajoutant que cette transition entraînera avec elle un changement de culture non seulement dans les approches d’acquisition de matériel roulant, mais aussi dans la façon de voir des enseignants qui seront appelés à travailler avec des véhicules propulsés par des énergies différentes et équipés de technologies d’aide à la conduite de plus en plus sophistiquées.

Il est crucial aussi pour M. Couture que le CFTC soit à l’avant-garde des technologies qui arrivent et arriveront dans l’industrie, souhaitant par exemple que la flotte compte un camion au gaz naturel ou à l’hydrogène, «du matériel qui nous permettrait de présenter à nos élèves ce qui s’en vient dans l’industrie».

Des technologies comme les systèmes de rétroviseurs-caméras font leur apparition dans l’industrie. Le CFTC veut commencer à transformer sa flotte pour inclure ce type de technologies.

«En gros, ce que nous avons a appris lors de la journée de formation, c’est qu’il y a des changements fondamentaux qui s’opèrent et nous devons nous y préparer. Dès maintenant, nous devons former nos enseignants pour qu’ils soient prêts à travailler avec ces technologies lorsqu’elles seront intégrées dans notre formation. Le message que j’ai reçu, c’est que nous pouvons compter sur leur engagement total.»


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