Le conseil d’administration de l’ACQ dit «oui aux revendications, non aux blocages» face aux protestations des conducteurs illégaux

Le conseil d’administration (CA) de l’Association du camionnage du Québec (ACQ) a publié une lettre ouverte concernant la présence de conducteurs illégaux sur les routes. Tout en soutenant les revendications des mouvements protestataires, il rejette toutefois les blocages routiers organisés par certains groupes.

Cette prise de position survient dans un contexte marqué par une hausse des accidents graves impliquant des camionneurs illégaux, ainsi qu’une intensification de mouvements de contestation appelant à des «opérations coups de poing».

(Image : ACQ)

«Les récents événements ont légitimement suscité de vives inquiétudes quant à la sécurité de nos activités. Une chose est claire : la gravité de la situation n’a plus besoin d’être démontrée par de nouveaux drames», peut-on lire dans la lettre.

Le CA ajoute que «l’urgence d’agir n’a pas non plus besoin d’être illustrée par des ralentissements ou des blocages contre-productifs, éphémères et sans effet réel sur les enjeux de fond que notre Association, de concert avec les pouvoirs publics, s’emploie à faire progresser au niveau provincial comme fédéral.»

L’ACQ se dissocie ainsi de toute action visant à ralentir ou bloquer la circulation, affirmant qu’il s’agit d’«une responsabilité collective d’agir avec retenue et de ne pas détourner l’attention des pouvoirs publics, alors même que des avancées réglementaires majeures sont en cours».

En revanche, l’organisation dit partager les revendications des protestataires à l’encontre des conducteurs illégaux, des employeurs qui les laissent circuler et des expéditeurs qui font appel à eux. Selon la lettre, le profil de ces camionneurs correspond souvent au stratagème Chauffeur inc., que l’ACQ combat déjà auprès des autorités provinciales et fédérales. Le CA réitère par ailleurs sa confiance envers le travail mené par l’Association pour mettre fin à ces pratiques.

La lettre exhorte également les gouvernements à «prendre la pleine mesure de la gravité de la situation et à agir avec urgence et fermeté». Elle demande en particulier le redéploiement immédiat des constables sur les routes du Québec, dont les interventions non planifiées ont été suspendues depuis le 6 mars 2025 par le Tribunal administratif du travail, en attendant la mise en place de mesures visant à mieux les protéger contre les risques liés aux armes à feu.


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