Le futur de la santé et sécurité en entrepôts au colloque de Via Prévention
Pour son colloque annuel, Via Prévention s’est penché sur les enjeux de santé et sécurité modernes dans le contexte de l’entreposage. Il a non seulement été question des nouvelles normes de sécurité, mais aussi des façons dont les nouvelles technologies pourraient avoir un impact sur la sécurité des travailleurs des entrepôts.

Nouvelles mesures de santé et sécurité
Un rappel des nouvelles normes en matière de santé et de sécurité au travail a été fait par deux représentantes de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Outre le rappel sur le régime intérimaire, elles ont abordé les mesures à venir, notamment la régime permanent et l’approche multiétablissements.
Le régime permanent rendra obligatoire la présence d’un comité ainsi que d’un représentant de santé et de sécurité dans les établissements de 20 travailleurs ou plus, en plus d’imposer un agent de liaison et santé en sécurité si l’établissement n’a pas d’obligation de désigner un représentant. De plus, les comités et les représentants verront leurs tâches augmenter. «Le travail est fait et n’est pas perdu, c’est surtout pour préparer les milieux à ce qui s’en vient, car le contenu va vraiment être modifié», a expliqué Tania Côté, conseillère experte en prévention-inspection – gestion de la santé et de la sécurité du travail à la CNESST.
Le régime permanent contiendra aussi l’approche multiétablissements, qui permet à un employeur possédant plusieurs établissements de la même nature de les regrouper pour l’application des mécanismes de prévention et de participation.
«C’est pour essayer d’uniformiser un peu plus la charge et de partager les procédures de travail qui sont les plus efficaces», a ajouté Catherine Ferland, conseillère experte en prévention-inspection – gestion de la santé et de la sécurité du travail pour la CNESST.
Nouvelles technologies
Un sujet qui est souvent revenu lors du colloque, c’est l’utilisation de nouvelles technologies dans un contexte de santé et de sécurité pour l’entreposage. Denys Denis, professeur-chercheur et ergonome pour le Département des sciences de l’activité physique à la Faculté des Sciences de l’UQAM, a parlé des exosquelettes. Il a plus précisément démystifié les idées reçues autour de cet outil, tout en parlant de ses bienfaits et de ses inconvénients «L’idée, ce n’est pas de faire la promotion de cette technologie, mais je crois quand même en son potentiel», a-t-il affirmé.
Il a aussi été question d’automatisation, notamment de la manière dont les travailleurs des entrepôts devront composer avec les machines automatiques, ou comment faire en sorte qu’elles s’adaptent aux travailleurs. Selon Damien Burlet-Vienney, chercheur, Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), l’important sera de bien identifier les besoins de l’employeur et de les appliquer au fonctionnement des robots. «La technologie, ça ne fait pas des miracles. Donc, ce sera important de bien identifier ses besoins et ses contraintes avant de choisir une technologie de détection.»
L’intelligence artificielle est un enjeu important pour les technologies émergentes en milieu de travail, il était donc évident que le sujet allait être abordé lors de cette journée. «Que vous le vouliez ou non, et que vous vous en rendiez compte ou pas, l’IA est déjà en train de transformer votre organisation», a indiqué Guillaume Petitclerc, vice-président du marketing chez Moov AI.
Il ajoute que ce sera surtout les personnes qui font du travail de bureau qui seront affectées par la technologie, soulignant quand même que l’humain ne serait pas mis de côté. «Parce que les bons systèmes d’IA, ce sont ceux qui mettent l’humain au centre. Nous, on ne fait pas de l’automatisation.»
Estelle Morin, psychologue et professeure titulaire à HEC Montréal, a conclu la journée avec une conférence sur la relation entre les machines intelligentes et le sens du travail chez les employés. «Quand on gère le travail, il y a deux paramètres importants : les technologies qu’on utilise et les personnes qui les utilisent. Donc, forcément, l’organisation du travail va changer en raison de l’utilisation de ces nouvelles technologies.»
Sens du travail et mesures appréciées
Via Prévention a profité du colloque pour reconnaitre les mesures de santé et de sécurité de deux entreprises.
La première est Congébec, un fournisseur d’entreposage à température multiple pour l’industrie alimentaire, et son Université Congébec, un programme d’apprentissage de trois ans pour les employés de la compagnie.
La deuxième entreprise est Transport St-Pierre & Miquelon, dont le sens de l’organisation au sein de ses entrepôts a été souligné par Via Prévention.
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