Le milieu des affaires inquiet des nouvelles restrictions en immigration
La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) ont fait part de leurs inquiétudes envers les récentes politiques du gouvernement sur les restrictions des seuils d’immigration et leurs impacts sur l’économie de la province.
Le gouvernement du Québec a présenté le 5 juin 2025 trois propositions visant à réduire les seuils à 25 000, 35 000 ou 45 000 personnes immigrantes annuellement. Les deux fédérations considèrent cette décision comme un frein pour l’économie, car elle alourdirait le problème de pénurie de main-d’œuvre.

En effet, selon les données annualisées du Baromètre des affaires de la FCEI, la pénurie de main-d’œuvre représente à 49% le principal frein qui empêche des PME d’augmenter leurs ventes ou leur production, ex aequo avec la demande insuffisante. Un sondage de la FCCQ a quant à lui révélé que 63% des répondants estiment qu’il faut maintenir ou augmenter les niveaux d’immigration afin de soutenir la croissance économique.
La FCCQ a fait part, dans un communiqué de presse, de la recommandation de l’Institut du Québec sur le seuil d’immigration, qui propose un accueil initial de 90 000 immigrants permanents, suivi d’un rythme annuel de 60 000 pour répondre aux besoins en productivité et développement régional.
Les deux fédérations ont également souligné l’importance des travailleurs étrangers temporaires (TET). Un sondage de la FCEI indique que 18% des PME ayant recours aux TET affirment qu’elles pourraient devoir fermer leurs portes si elles n’y avaient plus accès, alors que les données de la FCCQ démontrent que 64% des entreprises perdraient des contrats, devraient réduire leur production ou fermer un quart de travail si leurs TET actuels ne pouvaient être maintenus.
«L’immigration est une composante essentielle pour pourvoir les postes vacants et soutenir l’économie québécoise. Une réduction significative des seuils va créer une pression énorme pour les PME, en particulier en région, et ne se fera pas sans impacts négatifs sur l’économie», a déclaré François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI. «Il est impératif que le gouvernement du Québec prenne davantage en compte les besoins criants du marché du travail.»
«Les orientations proposées par le gouvernement mettent dangereusement en péril notre vitalité économique», a ajouté Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ. «La rareté de main-d’œuvre est l’enjeu numéro un des PME partout à travers le Québec. Depuis des mois, elles réclament de pouvoir retenir et recruter les talents dont elles ont besoin. Dans le contexte de la guerre commerciale et de la transformation de notre économie, le gouvernement doit donner les leviers nécessaires à nos entreprises, notamment par l’entremise de l’immigration.»
La FCCQ a de plus exprimé son opposition au gel du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui permet aux travailleurs et étudiants ayant séjourné au Québec d’obtenir leur résidence permanente. «Le gel du PEQ, combiné à une ouverture incertaine du Programme de sélection des travailleurs qualifiés, fragilise notre capacité à attirer les bons talents au bon moment. Les entreprises doivent avoir la prévisibilité nécessaire pour leur permettre d’investir dans leurs travailleurs», a affirmé Mme Proulx.
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