L’éblouissement par le soleil et un plan de circulation déficient ont causé le décès d’un travailleur de chantier
La CNESST vient de publier les conclusions de son rapport sur l’accident mortel qui s’est produit sur un chantier de Trois-Rivières le 24 octobre 2024, lorsqu’un travailleur a été écrasé par un camion à benne basculante qui effectuait une manœuvre de recul.
Il convient de préciser que le chauffeur du camion, tout comme la victime, étaient des employés de deux entreprises sous-traitantes différentes, travaillant pour le compte du maître d’œuvre du chantier.

Le rapport d’enquête permet de déterminer que le conducteur du camion avait procédé à sa ronde de sécurité vers 6h30.
Il y eu une réunion de sécurité où il a été question de manœuvres de recul vers 7h00, mais les sous-traitants en étaient absents. La CNESST ne précise pas si ces derniers ont choisi de ne pas y participer ou si le maître d’œuvre a négligé de les y inviter.
L’accident s’est produit à 8h00. Les travailleurs s’affairaient à la réfection de la piste d’athlétisme de l’école secondaire Chavigny, de Trois-Rivières.
Éblouissement
Le conducteur du camion a entamé une manœuvre de recul sur environ 30 mètres pour décharger le voyage de terre qui se trouvait dans sa benne basculante. Il avait regardé dans ses deux rétroviseurs avant d’entamer la manœuvre mais n’avait aucune visibilité du côté droit en raison des reflets du soleil. Il a néanmoins estimé que la voie était libre.
La trajectoire du camion a croisé celle du travailleur affecté à la pose de plaques de gazon et ce dernier, qui portait son dossard réfléchissant orangé, a été écrasé par le camion.
Le conducteur n’a aperçu la victime qu’après que son poids lourd ait circulé entièrement au-dessus d’elle puisqu’elle gisait à l’avant du véhicule lorsqu’il a constaté sa présence.
Les secours ont été appelés sur les lieux et le travailleur a été transporté à un centre hospitalier, où son décès a été constaté.
Vérification mécanique
À la suite de l’accident, la CNESST a mandaté TRP Maska Trois-Rivières pour faire l’inspection mécanique du Western Star 12 roues de 2020, inspection qui a eu lieu la journée même.
« À la suite de cette inspection, il est constaté qu’aucun bris mécanique n’est mis en cause lors de l’accident », peut-on lire dans le rapport d’enquête.
L’alarme de recul était fonctionnelle et orientée vers l’arrière, conformément aux réglementations.
Gestion de circulation déficiente
L’enquête a permis à la CNESST d’établir que la gestion de la circulation sur le chantier était déficiente, ce qui a exposé les travailleurs à un danger d’écrasement.
Pour prévenir les accidents liés aux manœuvres de recul sur les chantiers de construction, le maître d’œuvre doit notamment limiter le plus possible les manœuvres de recul et informer préalablement toute personne qui doit circuler sur le chantier des mesures de sécurité prévues.
Si au moins 10 travailleuses et travailleurs sont présents en même temps sur le chantier, il doit élaborer, avant le début des travaux, un plan de circulation.
S’il n’est pas possible de restreindre les manœuvres de recul, l’entrepreneur peut prévoir une aire de recul balisée et réservée uniquement à cette fin et où personne ne peut circuler à pied. Il n’y avait pas d’aire de recul balisée au moment de l’accident.
En l’absence d’aires de recul, la CNESST recommande de faire appel à un signaleur de chantier.
La CNESST transmettra les conclusions de son enquête à diverses organisations de camionnage et de construction afin qu’elles sensibilisent leurs membres, notamment à l’importance de planifier la coactivité entre les travailleurs et les équipements lourds sur un chantier.
Le rapport d’enquête sera également diffusé dans les établissements de formation offrant les programmes d’études Conduite d’engins de chantier ou Transport par camion.
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