Les assureurs étudient les conséquences de la fin de la proposition sur les limiteurs de vitesse aux États-Unis
Une proposition visant à imposer des limiteurs de vitesse aux poids lourds circulant aux États-Unis a été abandonnée, ce qui a des conséquences sur l’assurance des flottes de camions pour les transporteurs transfrontaliers.
La Federal Motor Carrier Safety Administration des États-Unis a proposé à deux reprises de limiter la vitesse des camions à 96-109 km/h (60-68 mph), une première fois en 2016 et une seconde fois en 2022. Les limitations de vitesse affichées atteignent 70 mph dans plusieurs États américains et sont plus élevées dans certaines régions.

«Parmi d’autres facteurs, la vitesse est considérée comme un élément du calcul du risque par les assureurs, et l’évaluation des antécédents de divers conducteurs en matière d’excès de vitesse renseigne sur la façon dont le risque est souscrit/assuré», déclare Eddie Staines, vice-président pour le transports et les véhicules spéciaux au Canada chez Intact Assurance.
«Nous savons que des vitesses plus élevées réduisent les temps de réaction. C’est un risque, car ces véhicules plus grands et plus lourds nécessitent des distances de freinage plus longues.»
«En roulant à des vitesses plus élevées, les conducteurs peuvent ne pas avoir assez de temps pour éviter les débris sur la route, les ralentissements soudains des autres conducteurs ou les collisions. Il en résulte des sinistres d’une grande gravité, notamment des dommages matériels importants aux automobiles et aux biens de tiers ainsi que des blessures, voire des décès.»
M. Staines ajoute que l’utilisation de la télématique permet aux assureurs et aux propriétaires et exploitants de flottes d’obtenir des données détaillées en temps réel sur le comportement des flottes et des conducteurs, ce qui aide à gérer les effets des différents facteurs de conduite.
«Bien qu’un exploitant de flotte puisse respecter la loi et ne pas être condamné pour un excès de vitesse, il peut tout de même avoir un comportement risqué qui pourrait entraîner des pertes potentielles», explique-t-il à notre publication sœur Canadian Underwriter. «En plus d’identifier les comportements à risque, la télématique permet aux assureurs de saisir le contexte ou l’environnement dans lequel ces comportements se produisent et de réagir en conséquence dans le calcul des risques par le biais de la tarification ou du retour d’information des clients.»
Le retrait de la proposition sur les limiteurs de vitesse aux États-Unis ne dispense pas les conducteurs et les propriétaires de flottes de conduire à des vitesses appropriées, ajoute M. Staines.
«Les primes d’assurance sont basées sur plusieurs facteurs de tarification qui varient en fonction du profil de risque de chaque compte, notamment la fréquence et la gravité des sinistres», indique-t-il.
Outre les dommages dus aux collisions, l’utilisation de poids lourds à des vitesses plus élevées augmente l’usure du véhicule, ce qui accroît les besoins d’entretien.
«L’augmentation du frottement et de la chaleur des pneus à des vitesses plus élevées peut entraîner leur usure plus rapide ; un freinage plus énergique à des vitesses plus élevées entraînera une usure plus importante des plaquettes de frein et des disques ; le moteur génère plus de chaleur à des vitesses plus élevées, ce qui peut entraîner une surchauffe et une défaillance des composants», souligne-t-il
Cet article est une partie d’une publication de Canadian Underwriter. L’article complet (en anglais) peut être lu ici.
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