Les autorités fédérales enquêtent sur les carrosseries de camions chinoises alors que les importations augmentent, mettant sous pression les constructeurs nationaux
Les responsables commerciaux canadiens ont lancé des enquêtes antidumping et antisubventions visant les carrosseries de camions fabriquées en Chine, après que les importations ont été multipliées par plus de dix en trois ans — un phénomène qui exerce une pression importante sur les prix et les carnets de commandes des fabricants canadiens.
L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a ouvert le dossier le 24 octobre à la suite d’une plainte déposée par Morgan Canada et Morgan Transit, fabricants de carrosseries pour le transport de marchandises sèches et réfrigérées en Ontario et au Québec. Selon ces derniers, des fournisseurs chinois vendent leurs produits à des prix fortement réduits et bénéficient de soutiens gouvernementaux, ce qui nuit aux manufacturiers canadiens qui alimentent les concessionnaires, les sociétés de location et les flottes de taille moyenne.

Les importations chinoises représentaient seulement 4 % du volume des carrosseries de camions au Canada en 2022. Au premier semestre de 2025, cette part a bondi à 54%. Les fabricants locaux rapportent une baisse des prix, une perte de ventes, une sous-utilisation des capacités de production et un ralentissement des embauches à mesure que les modèles à bas prix gagnent en popularité.
L’ASFC estime les marges de dumping préliminaires à 51,4 %, et les subventions à 36,6 % des prix à l’exportation. Elle a également déclenché une enquête en vertu de l’article 20, exprimant des inquiétudes quant au fait que l’industrie chinoise des carrosseries de camions pourrait ne pas fonctionner selon des conditions d’économie de marché — une conclusion qui pourrait mener à des droits encore plus élevés.
Le Tribunal canadien du commerce extérieur analyse maintenant si la hausse spectaculaire des importations cause un préjudice aux producteurs nationaux. Une décision est attendue d’ici la fin décembre. Si un préjudice est confirmé, des tarifs provisoires pourraient être imposés dès janvier, ce qui augmenterait les coûts pour les importateurs et pourrait réduire l’offre pour les flottes qui dépendent de fourgons secs et réfrigérés chinois moins coûteux.
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