Les commandes de camions dégringolent de près de 40%
Les flottes d’Amérique du Nord ont commandé un maigre total de 17 000 camions de classe 8 en février. C’est 38% moins qu’à la même période l’an dernier et un déclin de 31% par rapport aux commandes de janvier, indique le plus récent bulletin de la firme spécialisée FTR.
Ces chiffres sont inférieurs à la tendance saisonnière et bien en-deçà de la moyenne des sept dernières années pour un mois de février, moyenne qui s’établit à 26 912 commandes nettes.

Les menaces de tarifs sur les partenaires commerciaux d’Amérique du Nord et l’incertitude sur le marché ont fait ralentir de façon significative les investissements des entreprises dans des camions lourds en février.
Tous les fabricants ont souffert de ce recul. Les camions autoroutiers ont connu le plus fort déclin mais les commandes de camions vocationnels ont aussi décru par rapport à janvier.
Pour Dan Moyer, analyste principal du segment des véhicules commerciaux chez FTR, c’est la crainte d’une hausse du prix des camions et de leurs composants, provoquée par les tarifs douaniers de 25% des États-Unis, qui a refroidi l’ardeur des acheteurs.
« Environ 45% de tous les camions de classe 8 fabriqués pour les marchés américain et canadien seront assujettis aux tarifs américains de 25% sur toutes les importations du Canada et du Mexique ainsi qu’aux contre-tarifs canadiens », constate l’analyste.
M. Moyer rappelle à quel point la fabrication de camions en Amérique du Nord est intégrée au sein des trois partenaires de l’ACEUM. Environ 40% des camions de classe 8 des États-Unis sont fabriqués au Mexique tandis que plus ou moins 65% des poids lourds du Canada proviennent des États-Unis.
« Même si ces tarifs disparaissaient, d’autres coûts affecteraient le marché, incluant ceux liés à l’acier et à l’aluminium, aux biens importés de Chine et peut-être d’autres à venir », s’inquiète le spécialiste de FTR.
Selon Dan Moyer, il faut aussi tenir compte des hausses de prix liées aux normes d’émissions EPA 2027, qui pourraient bouleverser le cycle de remplacement des camions par les flottes, soit en l’accélérant pour éviter les hausses anticipées ou en le retardant en raison de l’incertitude économique croissante.
« Selon les chiffres des commandes de février, c’est ce deuxième scénario qui apparait le plus probable jusqu’à maintenant », estime l’analyste, ajoutant que les fabricants d’équipement d’origine (OEM) doivent eux aussi jongler avec différents scénarios de délocalisation de la production pour échapper aux tarifs, des décisions coûteuses et complexes qui compliquent encore davantage la planification des activités d’assemblage de camions lourds.
Have your say
We won't publish or share your data