Les conducteurs de véhicules lourds mieux payés dans l’industrie qu’au gouvernement
L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié hier un rapport intitulé Rémunération des salariés – État et évolution comparés 2025.
On y apprend que l’administration québécoise présente, pour les emplois comparables, une moyenne salariale plus faible (- 12,1%) que celle qui prévaut dans les organisations de 200 personnes et plus.

Cet écart est encore plus marqué chez les conducteurs de véhicules lourds, où les salaires versés au public sont 13,7% inférieurs à ce que paient les gestionnaires de flottes de l’industrie privée.
Même lorsqu’on tient compte des formes de rémunération autres que salariales (congés payés, avantages sociaux, etc.), les conducteurs de véhicules lourds demeurent 12,8% mieux payés au privé qu’au sein de l’administration québécoise, comme vous pouvez le constater au tableau ci-dessous.
Une tendance similaire s’observe chez les mécaniciens.

Nous utilisons le terme « conducteurs de véhicules lourds » plutôt que « camionneurs » puisque l’ISQ englobe dans cette profession des chauffeurs de camions mais aussi des opérateurs d’autres types de véhicules de plus de 4 500 kg, par exemple des béliers mécaniques, des pelles hydrauliques ou encore des souffleuses à neige.
Il est cependant à noter que les chauffeurs d’autobus – par exemple les autobus scolaires – sont exclus de la comparaison pour l’emploi repère conducteur de véhicules lourds, précise Renée Simard, porte-parole de l’ISQ, dans un échange de courriels avec Transport Routier.
Quand on se compare on se console…
Pour les conducteurs de véhicules lourds du secteur privé, c’est donc un cas de « Quand on se regarde, on se désole mais quand on se compare, on se console ».
Les centrales syndicales qui représentent les employés de l’État estiment de leur côté que l’écart de rémunération entre les fonctionnaires et les travailleurs du secteur privé est alarmant.
Au Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), on s’inquiète d’une migration des travailleurs de l’État vers le secteur privé, ce qui ferait probablement le bonheur des entreprises de camionnage.
« Cette non-compétitivité laisse entrevoir des difficultés croissantes en matière de recrutement et de rétention du personnel hautement qualifié et un impact sur la prestation de services », s’inquiète le président général du SFPQ, Christian Daigle, dans un communiqué publié quelques heures après le rapport de l’ISQ.
Au sein d’un regroupement d’autres centrales syndicales, on sent un sentiment de colère s’ajouter à l’inquiétude, bien qu’on dise du même souffle constater l’avantage pour les travailleurs d’être syndiqués.
« Alors que le gouvernement Legault et son ministre du Travail Jean Boulet s’évertuent à mettre des obstacles à l’action syndicale, le rapport de l’ISQ fait ressortir que, pour des emplois comparables, tant le salaire que la rémunération globale des travailleuses et travailleurs syndiqués du secteur privé sont largement supérieurs à ceux des non syndiqués », déclarent conjointement François Enault, premier vice-président de la CSN, Éric Gingras, président de la CSQ, Magali Picard, présidente de la FTQ et Robert Comeau, président de l’APTS.
Vous pouvez consulter la version détaillée du rapport de l’ISQ en cliquant ici.
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