Les écoles de formation pour camionneurs dénoncent la prolongation du délai fixé par l’Ontario pour le programme MELT
Les écoles de formation pour camionneurs et plusieurs organisations du secteur s’opposent fermement à la décision du ministère des Transports de l’Ontario (MTO) de repousser une nouvelle fois l’échéance pour la mise en conformité des plans de cours dans le cadre du programme de formation obligatoire (MELT).
Le Ministère a annoncé que les écoles auront désormais jusqu’au 1er juillet 2026 pour soumettre leurs plans de cours détaillés, une décision qui a suscité une vague de frustration.
La Truck Training Schools Association of Ontario (TTSAO) s’est dite à la fois choquée et profondément déçue. Son président, Philip Fletcher, a souligné que, bien que le bulletin officiel ait été publié le 24 septembre, les médias avaient rapporté la nouvelle dès la veille.

«Ce manque de communication directe laisse plusieurs de nos écoles membres, qui ont déjà consacré d’innombrables heures, ressources et fonds importants pour se conformer aux exigences initiales, avec le sentiment d’être dévalorisées et ignorées», a-t-il déclaré.
Selon lui, un court délai de grâce de deux ou trois semaines aurait été raisonnable, mais une prolongation de neuf mois est «excessive» et revient à «récompenser la non-conformité».
La WTFC interpelle directement le ministre
La Women’s Trucking Federation of Canada (WTFC) a également réagi, demandant au ministre des Transports Prabmeet Sarkaria de revenir sur sa décision.
Dans une lettre, sa présidente, Shelley Walker, a affirmé que ce report pénalise les écoles déjà conformes, qui ont investi dans des logiciels pédagogiques, la formation des instructeurs, la modernisation des simulateurs et d’autres dépenses administratives.
«Au-delà des implications critiques pour la sécurité publique, cette prolongation répétée impose un lourd fardeau financier aux écoles conformes en ces temps difficiles», a-t-elle écrit. Elle estime que cette décision envoie un message inquiétant, laissant entendre que la conformité est optionnelle. La WTFC réclame une explication transparente, un processus accéléré pour les premiers adoptants, un soutien ciblé aux établissements conformes ainsi que des mesures coercitives contre les retardataires.
Des écoles dénoncent un risque accru pour la sécurité routière
La réaction a été tout aussi vive parmi les écoles indépendantes. Jeff McKay, président de Transport Driver Training à Kitchener, s’est dit « consterné et absolument dégoûté ».
«Cette prolongation coûtera des vies. Elle s’ajoute au nombre croissant de décès liés aux écoles corrompues qui prennent des raccourcis dans la formation. Les mauvais acteurs sont protégés», a-t-il averti.
Selon lui, les écoles avaient déjà eu dix mois pour préparer leurs plans de cours. Ce nouveau délai ne fait, selon lui, que donner plus de temps aux opérateurs malhonnêtes pour «contourner le système». Il juge que chaque prolongation mine la sécurité routière et punit les établissements qui ont respecté les règles.
Un manque de consultation dénoncé
À la Crossroads Truck & Career Academy d’Ottawa, la directrice des opérations, Shea Merriman, a parlé d’un «revers grave et préoccupant». Elle affirme que son académie, qui a investi très tôt pour se conformer, n’a pas été consultée et n’a appris la nouvelle que par les médias.
Elle soutient que le manque de transparence du ministère sape la confiance à un moment où la collaboration est essentielle. « Pour les écoles qui s’efforcent d’offrir une formation de haute qualité et sécuritaire, cette décision donne l’impression que les progrès réalisés sont remis en question, tandis que les exploitants non conformes bénéficient d’un sursis supplémentaire », a-t-elle ajouté.
Mme Merriman estime que chaque retard érode la confiance dans le système et accroît les risques pour la sécurité sur les routes de l’Ontario.
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