Les leaders canadiens et américains de l’industrie pressent le gouvernement d’empêcher le blocage des chemins de fer

Les chefs de file de la chaîne d’approvisionnement du Canada exhortent le gouvernement fédéral à prendre des mesures immédiates pour empêcher le lock-out des chemins de fer CN et CPKC, lequel devrait commencer à 00 h 01 HE ce soir le 22 août à la suite des avis officiels de grève et de lock-out de 72 heures émis le 18 août.

«La Chambre de commerce du Canada et la Chambre de commerce des États-Unis demandent au gouvernement du Canada d’intervenir immédiatement pour éviter une perturbation du réseau ferroviaire canadien. Une interruption du service ferroviaire serait dévastatrice pour les entreprises et les familles canadiennes et aurait des répercussions importantes sur l’économie américaine», ont déclaré Perrin Beatty, président de la Chambre de commerce du Canada et Suzanne Clark, présidente de la Chambre de commerce des États-Unis, dans un communiqué conjoint.

«En raison de l’importance du commerce bilatéral et de l’intégration profonde des chaînes d’approvisionnement entre le Canada et les États-Unis, toute perturbation ferroviaire importante mettra en péril les moyens de subsistance des travailleurs de multiples secteurs d’activité des deux côtés de la frontière. Le gouvernement du Canada doit prendre des mesures pour s’assurer que les marchandises continuent à circuler de manière fiable entre nos deux pays».

wagons du CN
Photo: Pascale Simard/Alpha Presse

D’autres dirigeants d’associations tirent la sonnette d’alarme quant aux graves conséquences qu’un lock-out pourrait avoir sur l’économie canadienne.

La Canadian International Freight Forwarders Association (CIFFA) a exprimé les vives inquiétudes de ses membres face à cette perturbation potentielle. Dans une lettre adressée au premier ministre Justin Trudeau, ils soulignent les répercussions d’une grève simultanée sans précédent des deux chemins de fer de classe 1 au Canada, notant qu’elle «causera de terribles dommages à nos membres et à leurs clients». L’association a demandé au gouvernement d’utiliser son autorité en vertu de l’article 107 du Code canadien du travail pour ordonner au Conseil canadien des relations industrielles d’amener les parties à un accord par le biais d’un arbitrage exécutoire.

De son côté, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a également appelé à une résolution immédiate, soulignant l’impact sur les petites entreprises. «Toute perturbation des opérations ferroviaires pourrait être dévastatrice pour les petites entreprises, leurs employés et les communautés», a déclaré Jasmin Guenette, vice-président des affaires nationales de la FCEI. L’organisation a également exhorté le gouvernement à faire des ports et des chemins de fer des services essentiels afin de s’assurer qu’ils restent opérationnels pendant les conflits de travail.

En Colombie-Britannique, le National Institute of Supply Chain Leaders B.C. (NISCL BC) a émis un autre avis, mettant en garde contre d’importantes perturbations des chaînes d’approvisionnement de la province si le lock-out se poursuit. Le NISCL BC a conseillé aux entreprises et aux consommateurs de se préparer à des retards et d’explorer d’autres options de transport dans la mesure du possible.

L’Association du camionnage du Québec (ACQ) surveille évidemment la situation de très près. «Nous sommes en vigile et nous allons tenter, bien sûr, d’apporter des solutions selon les demandes qui vont être mises sur la table», nous a dit Marc Cadieux, PDG de l’ACQ.

M. Cadieux souligne qu’un arrêt de travail dans le secteur ferrociaire ne toucherait pas seulement le transport de marchandises, mais aussi le transport de personnes, notamment avec les réseaux d’exo et de Via Rail dont les trains circulent sur les voies du CPKC.

«Nous avons mis des idées sur la table hier mais, évidemment, il y a beaucoup d’appréhension et nous ne sommes pas en mesure pour l’instant d’évaluer l’ampleur des conséquences», indique M. Cadieux. «Tout va dépendre du temps que durerait un arrêt des opérations ferroviaires. Et on dit toujours qu’il faut trois ou quatre jours pour rattraper une journée d’arrêt.»


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