Les partisans de la décarbonation du transport lourd et moyen demandent le retour d’Écocamionnage
Propulsion Québec et l’Association du camionnage du Québec (ACQ) demandent au gouvernement du Québec de relancer, sans délai, le programme Écocamionnage, suspendu depuis plus d’un an.
«Les effets de la suspension du programme Écocamionnage sont perceptibles sur le terrain : baisse de camions électriques achetés par les transporteurs, projets reportés et, concrètement, moins de véhicules zéro-émission sur les routes du Québec», a déclaré Alexis Laprés-Paradis, PDG par intérim de Propulsion Québec. «Le Québec ne peut se permettre de ralentir maintenant. La relance du programme Écocamionnage représente un geste de soutien ambitieux et durable pour la décarbonation.»

Il ajoute que toute l’incertitude entourant Écocamionnage, combinée aux récentes annonces liées à la réforme du Fonds d’électrification et de changements climatiques (FÉCC), accentue les inquiétudes quant à la survie des programmes d’électrification.
«Le Québec a tout pour réussir : un écosystème industriel solide, des entreprises innovantes, de l’énergie renouvelable et une volonté partagée d’accélérer la décarbonation. Il faut maintenant consolider les acquis, rentabiliser les efforts déjà réalisés et poursuivre la construction d’une véritable chaîne de valeur québécoise dans l’électrification du transport de marchandises et de livraison», a-t-il ajouté.
L’ACQ dénonce le manque de transparence
L’ACQ critique le manque d’information et de suivi entourant le programme. «L’arrêt sans préavis du Programme Écocamionnage, il y a un an déjà, avait suscité une véritable incompréhension du côté de nos transporteurs, contraints de suspendre leurs investissements dans la décarbonation de leurs activités. Depuis, aucune nouvelle», a lancé Marc Cadieux, PDG de l’ACQ.
Le gouvernement du Québec avait annoncé plus tôt cette année un investissement supplémentaire de 415 millions $ pour Écocamionnage, dans le cadre du Plan de mise en œuvre du Plan pour une économie verte 2025-2030. Cependant, M. Cadieux estime que cette mesure «semble avoir été reléguée au second plan tandis que nos entreprises, qui continuent d’accroître leurs performances énergétiques, réclament le soutien qu’elles méritent pour renouveler leur parc de véhicules et poursuivre leurs activités essentielles».
Les entreprises appuient la relance du programme
Les appels de Propulsion Québec et de l’ACQ sont soutenus par plusieurs entreprises de camionnage et de livraison, favorables à la décarbonation du secteur, mais dont les projets ont été freinés par la suspension d’Écocamionnage.
«Après des mois d’attente, il est urgent d’obtenir clarté et visibilité, et de maintenir des programmes de soutien à la transition énergétique, comme Écocamionnage, pour que les efforts du secteur privé portent pleinement leurs fruits pour l’économie, le climat et les générations à venir», a déclaré Clément Sabourin, directeur du développement durable et des projets spéciaux chez Nationex. Il ajoute que, tandis que l’entreprise planifiait d’électrifier une grande partie de sa flotte, la suspension du programme les a forcés à mettre un frein à leur projet, à suspendre des millions de dollars d’investissement et à acheter des camions à essence.
Intelcom, également active dans le secteur de la livraison, insiste sur l’importance d’Écocamionnage pour la décarbonation de la chaîne logistique québécoise. «Le programme Écocamionnage est un levier essentiel pour accélérer la décarbonation du transport, non seulement dans le dernier kilomètre, plus visible pour le consommateur, mais aussi dans le premier et le kilomètre du milieu, souvent moins visibles, mais tout aussi cruciaux», a affirmé Sarah Houde, vice-présidente, Réseau de partenaires de livraison, optimisation des routes et développement durable mondial chez Intelcom.
Peterbilt souhaite également la relance du programme afin de permettre le démarrage de l’assemblage de camions électriques Peterbilt à l’usine PACCAR de Sainte-Thérèse. «Ce programme soutient directement l’adoption de technologies zéro émission dans le transport de marchandises, tout en favorisant l’innovation manufacturière locale et la création d’emplois durables au Québec. Plusieurs flottes attendent son retour pour concrétiser leurs achats de camions électriques produits ici, au Québec», a souligné Martin Blanchet, directeur des ventes nationales – Énergies alternatives, chez Peterbilt du Canada.
Maxime Boyer, président de Globocam, estime pour sa part que l’incertitude entourant le programme compromet les projets de transition énergétique. «La suspension du programme Écocamionnage exerce une pression considérable sur nos équipes, nos clients et nos partenaires, et ralentit l’élan souhaité par l’industrie», a-t-il expliqué. «Nos employés portent cette transition avec conviction, et le Québec doit maintenir le cap sur ses objectifs de réduction des émissions tout en soutenant sa croissance économique. C’est maintenant que le gouvernement doit faire preuve d’un véritable leadership, malgré les vents contraires, pour assurer la réussite de la transition énergétique.»
Mélanie Camara, directrice de l’environnement et du développement durable chez GLS Canada, abonde dans le même sens. «Notre engagement dans la décarbonation de notre flotte est sérieux», a-t-elle affirmé. «Cependant, il est devenu impossible pour nous de planifier et de prendre des décisions financières éclairées sans connaître l’état actuel du programme Écocamionnage.»
Les entreprises Attrix, Emballages Carrousel, Location Brossard et Simard Transport appuient également ces demandes.
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