Les partisans du GNC le présentent comme le carburant alternatif le plus durable pour le camionnage
Les partisans du gaz naturel comprimé (GNC) renouvelable se sont réunis lors du Management Conference & Exhibition de l’American Trucking Associations (ATA) afin de promouvoir ce qu’ils considèrent comme l’alternative la plus durable au diesel.
L’utilisation des véhicules au GNC est plus répandue en Californie que dans tout autre État américain, en raison de réglementations environnementales plus strictes. À l’occasion de la conférence tenue à San Diego, Daniel Gage, président du Transport Project, a animé une table ronde sur les limites perçues du GNC, notamment en matière d’autonomie, d’infrastructures de ravitaillement et de performances.

Les intervenants ont souligné que ces véhicules avaient été largement testés sur route et que le réseau de ravitaillement se développait rapidement. Eric Bippus, vice-président des ventes chez Hexagon Agility, a reconnu que le diesel resterait le carburant dominant, mais a rappelé que plus de 100 000 camions lourds circulent déjà au GNC, démontrant selon lui la viabilité de cette solution.
D’après le Transport Project, l’utilisation du GNC peut réduire les émissions de jusqu’à 300%, atteignant ainsi une intensité carbone négative, tout en diminuant le coût par gallon de carburant.
Le GNC dans la stratégie de décarbonation des flottes
Le gaz naturel joue un rôle clé dans la stratégie de J.B. Hunt Transport Services, laquelle vise à réduire l’intensité carbone de ses activités de 32 % d’ici 2034 par rapport à 2019, a indiqué Jerrod Mounce, vice-président énergie et développement durable. Il s’est montré satisfait des performances du Cummins X15N, premier moteur au gaz naturel comprimé de 15 litres.
Mike Barr, directeur des ventes routières dans l’ouest des États-Unis pour Cummins, a précisé que le X15N développe jusqu’à 500 ch et 1 850 lb-pi de couple, avec une autonomie d’environ 1 200 km, soit 10 % d’efficacité supplémentaire par rapport au moteur ISX12N.
Selon M. Mounce, l’expérience de J.B. Hunt avec les camions au gaz naturel montre que les coûts d’entretien sont « de quelques sous au kilomètre » supérieurs à ceux des camions diesel, et que certaines appréhensions initiales des chauffeurs concernaient surtout l’autonomie et la sécurité.
« Cela s’explique en partie par la présence de gros réservoirs de gaz à l’arrière et par l’idée fausse selon laquelle ce type de véhicule serait plus dangereux », a-t-il ajouté.
L’adoption d’un crédit d’impôt fédéral d’un dollar par gallon de GNC viendrait selon lui accélérer l’adoption.
Infrastructures et nouvelles ententes
Marc Rowe, directeur des ventes chez Love’s Alternative Energy, a indiqué qu’il existe déjà plus de 500 installations produisant du GNC, un nombre qui devrait doubler d’ici la fin de la décennie. On compte environ 1 500 stations-service de gaz naturel aux États-Unis, dont la moitié sont adaptées aux véhicules lourds.

M. Barr a souligné que le moteur de 15 litres illustre les résultats concrets obtenus grâce à des partenariats étroits. Cummins a intégré les leçons tirées des générations précédentes de moteurs au gaz naturel, notamment par l’adoption de pistons en acier au lieu de l’aluminium.
Pendant la conférence, Clean Energy Fuels Corp. a présenté un Freightliner Cascadia 2026 à cabine de ville propulsé par un moteur Cummins X15N devant le San Diego Convention Center. Peu après, l’entreprise annonçait une série de nouveaux accords, dont un avec Paper Transport, portant sur la fourniture de 250 000 gallons de GNC par an pour alimenter 12 nouveaux camions, en plus des 50 camions déjà approvisionnés par Clean Energy dans neuf États.
«Ces nouveaux accords démontrent la polyvalence du GNC dans tous les secteurs et la demande croissante pour un carburant alternatif propre, durable et plus économique que le diesel», a déclaré Chad Lindholm, vice-président principal chez Clean Energy.
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