Les pneus représentent une partie importante de votre budget d’exploitation. Quelques conseils pour en tirer le maximum.
La gestion des pneus constitue une préoccupation importante pour tous les transporteurs, parce que des pneus inadaptés, sous-gonflés ou mal entretenus peuvent grandement affecter l’efficacité énergétique d’un camion. Certaines entreprises disposent de l’expertise à l’interne et préfèrent s’occuper elles-mêmes de leurs pneus et de leurs rechapages, alors que d’autres se tournent vers leurs fournisseurs.
«Il faut se rappeler que c’est le travail et surtout l’expertise de détaillants comme nous de soutenir les entreprises dans la gestion de leurs pneus», indique Annie Germain, directrice marketing, SAC et e-commerce chez Pneus Ratté.

Les flottes peuvent néanmoins facilement vérifier et ajuster les pressions d’air. «Les entreprises possèdent déjà les outils qui permettent de le faire», poursuit Mme Germain. «Il s’agit de faire preuve de rigueur pour bien gérer les pressions d’air. Cette simple gestion assure une usure égale des pneus et une meilleure longévité.»
«Pneu en tant que service», une approche prometteuse
Certains grands fabricants de pneus travaillent sur une nouvelle approche appelée «tire-as-a-service», ou «pneu en tant que service». Elle permet à un transporteur de faire appel à une compagnie tierce pour l’entretien des pneus de ses camions selon une redevance kilométrique.
Goodyear, qui travaille en collaboration avec Aperia Technologies, indique que le service inclut l’entretien des pneus, la surveillance continue automatisée des pneus, la collecte des données générées par chaque pneu, la gestion proactive des alertes issues de l’analyse des données, la coordination des services de résolution préventive des anomalies, le système de gonflage automatique des pneumatiques autoalimentés Halo d’Aperia installé sur chaque roue, ainsi que l’appui du réseau de service international de Goodyear pour obtenir l’assistance de techniciens en cas de besoin et où que se trouve le véhicule.

Ce service promet notamment une baisse importante des coûts en permettant une diminution substantielle du nombre d’incidents liés aux pneus ainsi qu’une réduction de leur consommation de carburant.
Cette approche n’est pas encore offerte ici. «On a commencé à en entendre parler de plus en plus avant la COVID-19, mais la pandémie a freiné de nombreux projets qui n’ont pas repris depuis», constate Francis Garneau, directeur principal ventes et opérations chez Pneus Ratté. «Des personnes chez Goodyear nous ont cependant indiqué que le service pourrait arriver au pays.»
Le volet surveillance des pneus n’est pas non plus très répandu au Canada et pourrait difficilement l’être en raison d’un climat et d’une économie défavorables. «Il faut s’assurer que tout fonctionne quand la glace ou la gadoue s’accroche aux boyaux de gonflement», explique M. Garneau.
«Lorsque l’économie placera les transporteurs dans une meilleure position , on pourra commencer à penser à investir dans ces technologies.»
Éviter les rejets de carcasses
Le coût total d’utilisation d’un pneu ne se calcule pas simplement avec le prix d’achat, mais aussi avec le nombre de vies que l’on pourra lui redonner avec le rechapage de la carcasse. Identifier les causes des rejets permet de mieux les prévenir
Martin Collet, président de RTS Canada, donne cinq raisons pour rejeter des carcasses de pneus, ainsi que des solutions pour éviter les rejets :
- Utilisation excessive des pneus. Les pneus présentent des perforations profondes, des câbles exposés ou une rouille interne causée par un retrait trop tardif. Solution : établir des points de retrait (pull points) selon l’application et faire la rotation des pneus dès qu’il y a un écart de 3/32» ou plus entre les profondeurs de bandes de roulement.
- Sous-gonflage ou roulage à plat. Il y a des dommages causés par la chaleur sur la doublure intérieure ou les flancs. Solution : Vérifier la pression des pneus plus souvent et investir dans un système TPMS ou de gonflage automatique pour assurer une pression constante.
- Dommages aux talons lors du montage ou démontage. Les câbles de talon sont arrachés, pliés ou cassés à cause d’une mauvaise manipulation. Solution : Toujours utiliser un lubrifiant pour talon (savon ou pâte) et former les techniciens à utiliser les bons outils et à éviter les gestes brusques.
- Bandes de roulement inadaptées à l’application. Il y a usure prématurée, des épaules abîmées ou une accumulation excessive de chaleur. Solution : Adapter les bandes de roulement au type d’utilisation (des motifs à bandes pour l’économie de carburant pour le transport longue distance, des blocs robustes pour le transport régional, des flancs renforcés pour résister aux bordures et aux arrêts fréquents pour le transport urbain).
- Surcharge ou frottement latéral excessif. Il y a une déformation de la carcasse, fatigue des flancs ou décollement causé par la chaleur. Solution : Éviter la surcharge en respectant les limites d’essieu et de charge, utiliser des pneus avec un indice de charge plus élevé pour les routes plus exigeantes et choisir des bandes de roulement résistantes au frottement pour les positions à fort stress latéral.
Martin Collet partage également cinq critères qui permettent de déterminer si une carcasse peut être rechapée.
- La carcasse a 10 ans ou moins. Selon les recommandations du Technology and Maintenance Council, les carcasses de 10 ans ou moins peuvent encore être rechapées, tant qu’elles respectent les autres critères d’inspection.
- Les flancs n’ont pas de craquements profonds, de bosses, ni de dommages majeurs visibles. Si les marques d’usure ou de frottement sont mineures, la carcasse est encore bonne pour le rechapage.
- Faites l’historique des rechapages, comptez les marques de rechapage visibles sur le flanc. Les carcasses peuvent être rechapées ou réutilisées jusqu’à trois fois de façon sécuritaire. Si une carcasse n’a été rechapée que deux fois ou moins, une troisième réutilisation est encore possible, tout en restant couverte par la garantie du rechapeur.
- La structure n’a pas de réparations majeures, de plats profonds, ni de câbles exposés aux talons. La structure est encore intacte et donc compatible avec un nouveau cycle de rechapage.
- La doublure intérieure est lisse, intacte et sans bulles ni décollement. La carcasse devrait bien retenir l’air et permettre une bonne adhérence de la nouvelle bande de roulement lors de sa prochaine réutilisation.
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