Les transporteurs peuvent investir dans l’avenir grâce à une transition énergétique durable

Si un transporteur envisage de passer à une source d’énergie durable pour faire progresser son activité, c’est maintenant qu’il faut s’y intéresser.

Sylvain Cabanetos, directeur du développement commercial chez Cléo, a exhorté les transporteurs à profiter des subventions visant à élargir l’utilisation du diesel renouvelable, du gaz naturel comprimé, du gaz naturel renouvelable, de l’hydrogène, de l’électricité et des systèmes hybrides pour alimenter les camions.

«Les subventions ne seront pas éternelles, profitez-en pour acheter du matériel et mettre en place des infrastructures», a-t-il déclaré lors d’un débat d’experts organisé à Mississauga, en Ontario, sur le thème de la transition énergétique dans le secteur des transports.

De gauche à droite, la modératrice Stacy Sadar, responsable des ventes de solutions consultatives chez Geotab, Martin Blanchet, Sylvain Cabanetos et Brendan Wiggins lors d’un débat d’experts à Mississauga (Ontario) (Photo : Leo Barros).

«Si vous ne le faites pas, vous serez battus par la concurrence», a averti Anthony Mainville, président d’Attrix Technologies, dans son discours d’ouverture.

Les flottes pour compte d’autrui devront commencer à rendre compte de leur conformité en matière de développement durable d’ici 2025-26. L’investissement attendu de la part des transporteurs sera de 3 à 7% du chiffre d’affaires, a indiqué M. Mainville. D’autre part, le risque de perte en cas de non-conformité sera de 15 à 30% de l’activité actuelle. Pour les services de transport durable, l’opportunité de tarification supérieure est estimée entre 5% et 15%, a-t-il ajouté.

M. Mainville a également prédit que les transporteurs du stratagème Chauffeur inc., qui gagnent des parts de marché en cassant les prix du fret, ne seront pas en mesure de suivre la transition vers le développement durable et ne seront plus présents dans cinq ans.

Martin Blanchet, directeur des ventes de groupes motopropulseurs alternatifs chez Peterbilt Motors Company, a expliqué que les transporteurs possédant une centaine de camions n’auront pas de difficulté à acheter un camion alimenté par un système de carburant durable.

Cueillir les fruits à portée de main

«Vous apprendrez comment ils se comportent en hiver, combien ils coûtent au kilomètre. Cela influencera la manière dont vous établirez les devis pour le fret. Ce camion sera une source de revenus pour l’avenir», a affirmé Martin Blanchet.

Brendan Wiggins, vice-président associé du service clientèle chez Geotab, a fait remarquer qu’il y avait beaucoup d’opportunités de mettre en œuvre des sources de carburant durables, et que les transporteurs devraient choisir les fruits les plus faciles à cueillir. «Ne vous préoccupez pas des scénarios difficiles», a-t-il indiqué.

M. Mainville a observé qu’un transporteur québécois a monétisé sa flotte de véhicules électriques, y compris des camions de classe 8 tirantt des remorques de 53 pieds. Selon lui, certains clients sont prêts à payer une prime de 5 à 15 % pour du transport durable. Certains transporteurs ont commencé à utiliser des camions de manœuvre électriques. D’autres utilisent le GNC, une bonne technologie de transition, pour le transport longue distance.

La pépite d’or

«Il n’existe pas de solution unique et il est important de collaborer avec les fabricants et les partenaires technologiques», a-t-il souligné.

M. Blanchet a exhorté les transporteurs à identifier la «pépite d’or» qui facilitera la transition. En citant l’exemple d’un véhicule électrique, il ne faut pas utiliser une recharge rapide coûteuse pendant deux heures, s’il existe une option moins coûteuse sur huit heures. Il a également conseillé aux flottes de s’assurer qu’elles choisissent le bon camion pour le travail.

Selon M. Wiggins, si les défis sont les mêmes, c’est l’écosystème local qui détermine l’adoption des technologies. Par exemple, il est plus viable de produire de l’hydrogène au Québec, alors que d’autres régions peuvent opter pour un véhicule électrique ou au GNC.

Dans un cas, une entreprise a installé une station de ravitaillement en GNC accessible au public. Au bout d’un certain temps, les camions d’autres transporteurs ont commencé à utiliser cette installation.

Selon M. Cabanetos, un projet pilote est un excellent moyen de tester les partenaires et l’écosystème. Le retour d’information des conducteurs et des mécaniciens permet également d’orienter la stratégie future.


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