Levée de boucliers contre la hausse de 4,8% des tarifs d’électricité aux entreprises
Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) parle d’une « menace interne », la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) dit que la CAQ fait payer ses promesses électorales aux PME et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) parle d’une « décision irresponsable ». Bref, la hausse de tarifs d’Hydro-Québec de 4,8% aux entreprises ne passe pas du tout dans le milieu des affaires.
« Alors qu’une grande incertitude plane déjà sur le monde des affaires depuis le début de la guerre tarifaire avec les États-Unis, il est impératif de réduire les menaces internes qui plombent la compétitivité de nos entreprises », écrit le CPQ dans un communiqué publié hier.

L’organisation déplore que le gel à 3% des hausses des tarifs résidentiels ne reflète pas le coût réel de l’énergie, au détriment des autres utilisateurs que sont les entreprises.
Du côté de la FCEI, on évoque un sondage mené en mai dernier et selon lequel, en raison de la guerre commerciale avec les États-Unis, 37% des PME québécoises connaissent une diminution de leurs bénéfices et, pour 32%, une baisse de leurs revenus totaux.
« C’est dans ce contexte de grande incertitude économique que les entreprises récolteront le plus gros de la facture des tarifs d’électricité », dénonce le regroupement de PME.
« Comment les PME peuvent-elles tirer leur épingle du jeu quand le gouvernement du Québec impose la fiscalité la plus désavantageuse du pays et augmente la pression sur les coûts d’exploitation des entreprises en leur transférant la facture de la transition énergétique? », se questionne François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.
Son de cloche similaire à la FCCQ, qui estime que dans le contexte économique actuel il serait irresponsable de la part du gouvernement du Québec d’accepter que cette hausse soit imposée aux PME du Québec.
La Fédération des chambres de commerce rappelle que les entreprises québécoises ont déjà fait face à une série de hausses tarifaires d’électricité substantielles depuis déjà quelques années, soit 6,5% en 2023 et 5,1% en 2024.
« Ces augmentations déjà élevées viennent affaiblir notre compétitivité et notre capacité à attirer des investissements privés et étrangers », écrit la FCCQ.
« Dans un contexte où l’inflation, les coûts de la main-d’œuvre et les pressions réglementaires ne cessent de croître, les entreprises devront une fois de plus absorber une hausse majeure de leurs coûts d’exploitation. Sans compter le fait que nous traversons actuellement une crise tarifaire avec nos voisins du sud, cette décision envoie un signal préoccupant, tant aux entrepreneurs d’ici qu’aux investisseurs étrangers, alors que l’accès à l’énergie à faible coût constitue l’un des principaux avantages concurrentiels du Québec », ajoute le regroupement de gens d’affaires.
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