L’impact des tarifs douanier sur le prix des camions vendus ici : Trudeau est plus à craindre que Trump, estime un analyste
L’imposition par les États-Unis de tarifs douaniers sur les exportations canadiennes serait catastrophique pour l’industrie du camionnage, qui verrait chuter ses volumes de transport en direction de nos voisins du sud.
Pour ce qui est de l’achat de camions par les flottes d’ici, il convient plutôt de mettre l’accent sur nos importations. Si Ottawa devait répliquer par sa propre surtaxe, tous les camions fabriqués aux États-Unis et vendus ici deviendraient plus chers.

Dan Moyer est analyste principal du segment des véhicules commerciaux chez FTR Transportation Intelligence. Dans un échange de courriels avec Transport Routier, il souligne qu’à peine 0,4 % des camions de classe 8 du Canada sont fabriqués chez nous.
La grande majorité de ces poids lourds (65 %) sont assemblés aux États-Unis et près de 35 % proviennent du Mexique, avec qui aucune guerre commerciale n’est en vue.
« Si les États-Unis placent un tarif potentiel de 25 % sur toutes les importations canadiennes en territoire américain, il est probable de s’attendre à ce que les autorités gouvernementales canadiennes répondent de la même manière, possiblement avec des tarifs de 25 % sur les véhicules de classe 8 importés au Canada. Cela affecterait environ 65 % des camions neufs construits pour le marché canadien », indique M. Moyer.
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, était à Halifax en début de semaine où il a prononcé un discours devant la Chambre de commerce locale. Il a justement déclaré que le Canada n’hésiterait pas à « répondre » à d’éventuels tarifs douaniers imposés par Donald Trump lorsqu’il entrera en fonctions le 20 janvier.
Volvo en mode attente et prudence
Et les fabricants de camions dans tout ça? Chez Volvo Group North America, la directrice des relations publiques Janie Coley écarte de l’équation les camions Mack et Volvo construits au Mexique à partir de 2026 puisque ils sont destinés uniquement au marché américain. Bref, pas d’impact sur le Canada.
« En ce moment, tous les véhicules que Volvo et Mack vendent au Canada sont fabriqués aux États-Unis », écrit Mme Coley, prônant la prudence sur le sujet des tarifs douaniers puisque plusieurs éléments demeurent à déterminer.
« En ce qui a trait aux possibles tarifs, il est trop tôt pour spéculer. Il y a encore plusieurs inconnues, notamment quels seraient les biens qui seraient assujettis à ces tarifs et comment ces tarifs seraient appliqués », prévient-elle.
Financement plus confortable
La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que peu importe ce qu’il adviendra des tarifs douaniers, les conditions de financement du matériel roulant deviennent de plus en plus favorables.
La Banque du Canada a annoncé hier avoir abaissé de 0,5 % son taux directeur, qui s’établit maintenant à 3,25 %.
Il s’agit de la cinquième baisse consécutive des taux d’intérêt.
Et les remorques?
Si le Canada ne produit pratiquement pas de camions de classe 8, il s’y construit beaucoup de remorques, notamment en Beauce où Manac est le plus important fabricant au pays.
D’éventuels tarifs douaniers à l’importation par Justin Trudeau renforceraient sa position au Canada puisque les remorques américaines deviendraient soudainement plus chères ici.
Par contre, l’inverse serait aussi vrai et Manac pourrait perdre des parts de marché aux États-Unis où ce serait ses produits qui deviendraient plus chers pour les Américains, gracieuseté des tarifs de Donald Trump.
En entrevue au quotidien Le Soleil, le président et chef de la direction de Manac, Charles Dutil, a dit s’inquiéter des tarifs douaniers de 25 % évoqués par le président désigné.
Manac exporte de 10 % à 12 % du total de sa production aux États-Unis.
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