L’incertitude fait chuter de 28% les commandes de camions de classe 8 en janvier
Les flottes nord-américaines ont commandé 24 000 camions de classe 8 en janvier, rapporte la firme spécialisée FTR. Ce résultat est sous les attentes pour la saison et en deçà de la moyenne de 27 950 unités des sept dernières années pour un mois de janvier.
Cela représente un recul de 28% par rapport à décembre 2024 et de 15% comparativement à janvier 2024.

Les menaces de tarifs douaniers par les États-Unis à l’égard des produits mexicains et canadiens auraient créé un climat d’incertitude freinant les ardeurs des acheteurs potentiels qui, jusque-là, avaient bien réagi à l’ouverture des carnets de commandes pour 2025.
FTR souligne que tout n’est pas noir pour autant, puisque le déclin de janvier survient après plusieurs mois de commandes plus fortes qu’anticipé. Le recul serait essentiellement attribuable au faible intérêt des clients potentiels à l’endroit des camions autoroutiers, les camions vocationnels maintenant leur rythme de croisière en ce qui a trait aux commandes.
Tarifs néfastes des deux côtés de la frontière
Dan Moyer, analyste principal du segment des véhicules commerciaux chez FTR, indique que si le gouvernement américain devait aller de l’avant de façon durable avec sa politique de tarifs douaniers, les prix des camions lourds pourraient augmenter de façon significative au Canada si le gouvernement Trudeau impose des contre-tarifs aux produits américains, alors que 65% de nos camions de classe 8 proviennent des États-Unis.
Les transporteurs américains pâtiraient aussi d’éventuelles barrières au commerce nord-américain puisqu’environ 40% de leurs camions proviennent du Mexique et pourraient soudainement être surtaxés de 25%.
Ces coûts « surprise » viendraient s’ajouter à ceux escomptés des nouveaux camions se conformant aux normes d’émissions de NOx EPA 2027.
« Les négociations commerciales en cours et l’incertitude à l’égard de certaines politiques pourraient déjà être en train d’influencer les décisions d’investissement et la planification à long terme des flottes, des fabricants et de leurs fournisseurs », estime M. Moyer.
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