L’Ontario prolonge jusqu’au 1er juillet 2026 la date limite pour la remise des plans de cours détaillés du MELT

Le ministère des Transports de l’Ontario (MTO) a de nouveau repoussé l’échéance imposée aux écoles de formation de camionneurs pour intégrer des plans de cours détaillés à leurs programmes de formation initiale obligatoire (MELT). La nouvelle date limite est fixée au 1er juillet 2026, soit un report de neuf mois.

Dans un bulletin publié le 23 septembre, le MTO a précisé qu’il s’agissait de la deuxième prolongation. La date initiale avait été fixée au 1er octobre 2024, avant d’être repoussée une première fois au 1er juillet 2025.

En décembre 2024, le Ministère avait demandé aux écoles de conduite de soumettre des plans de cours détaillés minute par minute pour leurs programmes de classe A. Or, selon le MTO, plusieurs intervenants avaient exprimé leur incapacité à respecter le calendrier en raison du ralentissement économique. «Le nouveau délai donnera aux prestataires et aux concepteurs de cours plus de temps pour mettre à jour leurs programmes d’études», peut-on lire dans le bulletin.

(Photo : Leo Barros)

L’OCTTA salue la décision mais appelle à la cohérence

L’Ontario Commercial Truck Training Association (OCTTA) estime que ce report répond aux demandes répétées de l’industrie. Toutefois, son président, Narinder Singh Jaswal, avertit que l’initiative doit être alignée sur la révision en cours des normes MELT.

«L’OCTTA soutient toute initiative visant à améliorer la qualité de la formation. Mais exiger dès maintenant des plans de cours, avant même que les normes MELT ne soient mises à jour, risque de faire perdre du temps, de multiplier les tâches et d’imposer des charges financières inutiles aux écoles», a-t-il déclaré.

L’association rappelle que des réunions de consultation avec les parties prenantes sont toujours en cours et que la prochaine session aura lieu le 10 octobre. Elle craint que les écoles soient contraintes de déposer deux fois leurs plans, d’abord selon les règles actuelles, puis à nouveau lorsque les normes révisées seront adoptées.

«Cela entraînerait une duplication des tâches administratives et des coûts supplémentaires pour des écoles déjà fragilisées par le ralentissement économique», a ajouté M. Jaswal.

Des critiques sur le plan de la sécurité publique

Mais toutes les écoles ne voient pas d’un bon œil cette prolongation. Le propriétaire d’un centre de formation, qui a souhaité garder l’anonymat, s’est dit «profondément déçu» par la décision du MTO.

Selon lui, ce nouveau sursis retarde des réformes attendues depuis longtemps et permet la poursuite de pratiques de formation déficientes. «Nous avons investi temps et ressources pour nous conformer aux directives du ministère. Aujourd’hui, nous avons le sentiment que nos efforts sont réduits à néant», a-t-il dénoncé.

Et d’ajouter : «Il ne s’agit pas seulement d’équité ou de concurrence, mais de sécurité publique. Chaque retard accroît le risque d’une tragédie évitable sur nos routes. Pour ceux qui se conforment, les reports répétés envoient le mauvais message : la conformité devient facultative et ceux qui tergiversent sont récompensés.»


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