L’OOIDA exhorte le Congrès à renforcer la formation et les permis des conducteurs professionnels

L’Owner-Operator Independent Drivers Association (OOIDA) demande aux législateurs américains d’adopter des normes plus strictes en matière de formation, d’octroi de permis et de qualification pour les conducteurs de véhicules commerciaux. L’organisation réclame également une surveillance accrue des écoles de formation et des organismes de délivrance des permis, invoquant des motifs de sécurité publique.

Dans une lettre datée du 20 octobre adressée aux présidents des commissions des transports de la Chambre des représentants et du Sénat, le président-directeur général de l’OOIDA, Todd Spencer, a dénoncé le fait que trop de conducteurs entraient dans l’industrie sans posséder les compétences nécessaires pour manœuvrer des véhicules lourds en toute sécurité. L’association affirme que la laxité des procédures de délivrance des permis a permis à des centaines de milliers de conducteurs non qualifiés de prendre la route aux États-Unis, contribuant ainsi à des accidents évitables.

(Photo : iStock)

M. Spencer a précisé que l’OOIDA rejette l’idée d’une pénurie de chauffeurs, avancée depuis longtemps par l’industrie. Selon lui, le véritable problème réside dans le taux de rotation élevé, causé par une formation insuffisante et des conditions de travail difficiles. Il a ajouté que des mesures législatives comme le DRIVE-Safe Act, qui permettrait à des conducteurs plus jeunes de faire du transport longue distance, aggraveraient la situation en augmentant le roulement tout en répondant aux intérêts économiques de certaines entreprises à la recherche d’une main-d’œuvre moins coûteuse.

«Le secteur du camionnage souffre d’une surcapacité de chauffeurs routiers, ce qui a contribué à la plus longue récession du fret depuis des décennies. Pour être clair, il n’y a pas de “pénurie de chauffeurs” : il y a un taux de rotation très élevé, car des conducteurs insuffisamment formés se retrouvent dans des emplois pour lesquels ils ne sont pas préparés», écrit l’OOIDA.

«Plutôt que de faciliter l’entrée de conducteurs peu qualifiés dans le secteur, le Congrès devrait renforcer les protocoles de formation, de délivrance de permis et de qualification.»

Heures de conduite obligatoires

L’OOIDA exhorte le Congrès à améliorer les normes du programme Entry-Level Driver Training (ELDT), en vigueur depuis 2022, en y ajoutant un nombre minimal d’heures de conduite. L’association rappelle que la référence initiale de 30 heures, recommandée par le comité consultatif ELDT de 2015, avait été supprimée de la règle finale, malgré un large consensus. Elle estime que ces 30 heures devraient constituer le minimum requis.

L’organisation appuie également le Commercial Motor Vehicle English Proficiency Act, une proposition de loi qui exigerait des tests de compétence en anglais pour l’obtention du permis de conduire commercial (CDL), afin de s’assurer que les conducteurs puissent lire les panneaux routiers et comprendre les instructions essentielles avant de conduire un véhicule de 36 tonnes.

Surveillance accrue des écoles et des transporteurs

L’OOIDA demande à la Federal Motor Carrier Safety Administration (FMCSA) de mieux encadrer son registre des prestataires de formation (TPR) et de retirer les écoles jugées non conformes. L’association note que très peu de prestataires ont été radiés depuis la création du registre en 2022.

L’organisation soutient également les dispositions du projet de loi de financement 2026 du Sénat américain pour les transports, le logement et le développement urbain, qui obligeraient l’USDOT à publier des rapports sur les certificats délivrés par les prestataires et à mettre en place un programme d’audits réguliers du registre TPR.

Par ailleurs, l’OOIDA exhorte le Congrès à renforcer la vérification des nouveaux transporteurs avant de leur accorder une autorisation d’exploitation.

«Actuellement, des acteurs peu scrupuleux et des conducteurs non qualifiés peuvent obtenir une autorisation d’exploitation trop facilement. L’audit de sécurité des nouveaux entrants est désormais effectué presque entièrement en ligne, ce qui évalue davantage la capacité à remplir des formulaires qu’à gérer une entreprise de transport conforme aux normes de sécurité», a dénoncé M. Spencer.

Opposition à l’assouplissement des règles d’apprentissage

L’association s’oppose à l’examen par la FMCSA de mesures visant à assouplir la supervision des titulaires de permis d’apprenti conducteur commercial ou à abolir la période d’attente de 14 jours avant l’examen du CDL. Selon elle, de tels changements compromettraient la sécurité.

« Tant que la formation pratique au volant ne sera pas obligatoire, nous nous opposons à la suppression de la période d’attente de 14 jours afin de préserver autant que possible les occasions de formation », écrit l’OOIDA.

Enfin, l’organisation a exprimé ses préoccupations concernant le recours croissant à des prestataires tiers pour les examens du CDL, appelant à une surveillance fédérale plus stricte afin de prévenir la fraude et de garantir la conformité des examinateurs.


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