L’OTA souhaite un renforcement des contrôles sur les camions pour contrer les tarifs douaniers américains
L’Ontario Trucking Association (OTA) exhorte la province à renforcer les contrôles routiers dans le cadre de l’opération «Deterrence», en réponse à l’augmentation des tarifs douaniers américains à l’encontre du Canada.
Le président américain Donald Trump a récemment annoncé une augmentation des tarifs douaniers sur les marchandises non couvertes par l’ACEUM à 35% et a invoqué les préoccupations persistantes liées au trafic de drogue et aux questions d’immigration.

«L’OTA a plaidé en faveur de la création d’initiatives telles que l’opération Deterrence afin de répondre immédiatement aux préoccupations de Washington concernant la sécurité frontalière entre le Canada et plusieurs États américains», a déclaré Mark Bylsma, président de l’OTA. «L’opération Deterrence a donné de bons résultats et a renforcé la présence des forces de l’ordre aux postes frontaliers. Nous sommes convaincus que le moment est venu pour le gouvernement et les autorités de l’Ontario de continuer à mettre les bouchées doubles pour répondre aux préoccupations de Washington. Notre économie en a besoin, notre secteur en a besoin, aujourd’hui plus que jamais.»
Jusqu’à présent, cette initiative a donné lieu à plus de 48 400 inspections au cours du premier trimestre, et environ 22 500 cas de non-conformité ont été détectés. Cela représente un taux d’environ 46 problèmes pour 100 inspections pour les transporteurs immatriculés en Ontario, mais les taux étaient plus élevés pour les transporteurs hors province (50 problèmes pour 100 inspections) et les transporteurs immatriculés à l’extérieur du Canada (53 problèmes pour 100 inspections).
Parmi celles-ci, 4 254 infractions concernaient des défauts rendant le véhicule inapte à la circulation, notamment : des infractions relatives à l’arrimage du chargement, des conduites d’alimentation des freins pneumatiques endommagées, des feux de freinage défectueux, des pneus crevés ou présentant des fuites et des clignotants arrière défectueux, a rapporté l’OTA.
«L’OTA salue les efforts déployés par le ministre des Transports, le solliciteur général et leurs équipes respectives pour s’attaquer de front à ces défis en matière de sécurité frontalière dans le cadre de l’opération Deterrence», a affirmé Geoff Wood, vice-président principal chargé des politiques à l’OTA. «Cependant, il est clair que nous devons faire davantage.»
L’association souhaite notamment que les stations d’inspection des camions situées à des endroits stratégiques soient ouvertes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Elle demande également que des agences pour l’emploi telles qu’EDSC et l’Agence du revenu du Canada participent à l’application des lois sur le travail.
L’association affirme avoir eu des discussions avec des responsables américains qui ont souligné que les chauffeurs routiers basés en Ontario qui demandent un visa américain déclarent souvent gagner un tiers du salaire normal dans ce secteur. Dans un communiqué, l’OTA a indiqué qu’il était probable que des centaines de camions traversent chaque jour la frontière entre le Canada et les États-Unis avec des chauffeurs travaillant dans des conditions proches de l’esclavage.
«Au cours de la dernière décennie, notre secteur a été envahi par des activités non conformes et un manque d’application de la loi, ce qui a considérablement pesé sur la capacité des transporteurs respectueux de la loi à maintenir leurs activités», a souligné M. Wood. «Cette dernière escalade tarifaire, et les problèmes sous-jacents qui l’ont déclenchée sont liés à l’économie souterraine et aux éléments criminels qui infectent le secteur canadien du transport routier. Elle devrait inciter les gouvernements à redoubler d’efforts pour assainir notre secteur sur tous les fronts. Notre industrie est en crise et y remédier peut atténuer certains des facteurs à l’origine de cette guerre commerciale qui se poursuit.»
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