Colloque Transport 4.0 : la télématique et l’IA au service de la mobilité durable

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Malgré toute l’incertitude qui plane en ce moment au-dessus de l’industrie, Anthony Mainville, président d’Attrix Technologies, rappelle que la décarbonation complète du transport routier de marchandises approche à grands pas, et que la télématique nous aidera à la réaliser.

«Les gens se disent : “La transition énergétique, c’est compliqué. Écocamionnage n’est pas disponible, les États-Unis sont sortis de l’Accord de Paris, est-ce qu’il y a vraiment encore une volonté de faire une transition?” Mais la réalité, c’est qu’elle est inévitable», a-t-il déclaré lors d’une conférence au colloque Transport 4.0 : l’Ère du numérique à grande vitesse d’InnovLOG.

Anthony Mainville (Photo : David Simard-Jean)

Il ajoute que, malgré l’incertitude, d’importants transporteurs américains comme UPS, FedEx, Schneider, J. B. Hunt et Knight-Swift Transportation ont investi de grosses sommes pour développer des initiatives de transport durable et que ce n’est qu’une question de temps avant que tout le monde y pense.

«La décarbonation du transport, ce n’est pas une question de si, c’est une question de comment et de quand. S’il faut donner une date, ce sera pour 2050, et ça arrive vite. Peut-être plus pour vous que pour moi, mais ça arrive rapidement», a affirmé M. Mainville.

«Il y a des opportunités pour les fabricants ainsi quepour les fournisseurs de camions, de technologies et de diverses solutions, parce que tout peut avoir un impact sur la décarbonation. Autant la télématique que le camion, les pneus, les jupes de remorques, la navigation, le routage, les systèmes TMS, tout a un impact sur la décarbonation.»

Si le président d’Attrix est d’avis que la situation politique actuelle, que ce soit la relation entre les États-Unis et le Canada ou le manque de subventions pour le transport durable, marque un frein pour la décarbonation, il a rassuré les participants en soulignant que les choses peuvent changer à l’interne et que la collaboration au sein de l’industrie facilite les choses.

«Heureusement, le virage politique au Canada fait en sorte qu’on est en train de revoir la stratégie», a-t-il souligné. «On va plus prendre notre temps, réfléchir à comment on va faire et on va s’assurer que toutes les parties prenantes sont impliquées et collaborent. Cela comprend les fournisseurs, pas juste les transporteurs, parce qu’il faut vraiment un élément de collaboration.»

Et, selon Anthony Mainville, la télématique sera le meilleur atout des entreprises pour naviguer dans ce projet complexe qu’est la transition énergétique d’une flotte de camions. «C’est ce qui va permettre de faire la planification des infrastructures, la planification des trajets par rapport au poids, par rapport à chaque constructeur, à chaque fabricant et ce sont des informations évidemment qui sont possibles grâce à la télématique.»

La télématique et la multiénergie

Pour Anthony Mainville, la décarbonation du camionnage se fera avec plusieurs carburants et technologies, comme la batterie, le gaz naturel, l’hydrogène, ainsi que les camions au diesel conformes à EPA27.

«Avant, ces gestionnaires avaient une seule énergie à gérer avec une infrastructure de réapprovisionnement établie, reconnue et répartie», a-t-il expliqué. «Mais maintenant, chaque véhicule va réagir d’une façon différente par rapport au chargement que vous allez mettre par rapport à l’altitude, à la température et aux conditions climatiques. Donc, il y a de multiples facteurs qui vont faire en sorte qu’une journée donnée, il faudra assigner ce camion à une autre route et il faudra mettre un autre véhicule à la place.»

La télématique permettra de prendre en compte les différents paramètres liés à chaque véhicule et, ainsi, faire une gestion plus approfondie de la répartition.

Même si les camions électriques n’offrent pour le moment qu’une efficacité opérationnelle limitée, M. Mainville reste optimiste face à ce que l’avenir peut offrir, précisant qu’il pourrait bientôt avoir sur le marché des véhicules électriques en mesure de faire Montréal-Toronto aller-retour facilement. «Ces technologies arrivent, elles s’accélèrent, tout comme les technologies en IA s’accélèrent considérablement. Ça s’en vient», croit Anthony Mainville.

La télématique alimentée par l’IA

Le président d’Attrix garde également un œil sur les avancées de l’intelligence artificielle. Pour lui, cette technologie sera fortement bénéfique aux différents acteurs du camionnage. L’IA permet notamment d’optimiser le processus de répartition et la gestion de l’énergie. Cela se fait en optimisant les itinéraires afin de sélectionner automatiquement l’itinéraire le plus efficace, en analysant les tendances en besoins en transport, en prédisant les besoins de maintenance, en ajustant en temps réel les assignations de chargement et en améliorant la sécurité du conducteur.

Il cite aussi comme exemple d’outil IA performant l’analytique guidé, un système qui permet d’identifier les camions nécessitant un entretien de routine, en plus d’offrir une analyse des données historiques de maintenance et de performance, ainsi qu’une prédiction de pannes potentielles. L’outil permet ainsi de réduire le temps d’arrêt et les coûts de maintenance, ce qui améliore l’efficacité de la flotte.

L’intelligence artificielle peut permettre aux transporteurs de gérer leurs opérations beaucoup plus rapidement que d’habitude.

«Ça nous permet de faire du transport spécialisé, par autobus et du déneigement. La solution est propulsée par l’AI, mais elle peut également s’adapter à chaque type de vocation. Quelque chose qui aurait pris avant cinq ans à développer peut être développé en six mois avec l’IA», assure M. Mainville.


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