Malgré la pause des tarifs douaniers américains, l’incertitude demeure au Canada
L’incertitude plane toujours sur l’économie canadienne, malgré l’annonce par le président américain Donald Trump d’une pause de 30 jours des tarifs douaniers qui devaient entrer en vigueur aujourd’hui.
Ce sursis temporaire met un terme, du moins pour l’instant, à une guerre commerciale continentale dont les économistes des deux côtés de la frontière avaient prévenu qu’elle entraînerait une hausse des prix.

La décision du président Trump signifie que le Canada et les provinces ont également mis fin à leurs mesures de rétorsion, notamment en imposant leurs propres tarifs et en interdisant la vente d’alcool américain au nord de la frontière. Unifor, le plus grand syndicat du secteur privé du pays, insiste sur le fait que la menace de tarifs douaniers brandie par Trump reste d’actualité et menace les emplois canadiens.
Samedi, Donald Trump a signé un décret imposant des tarifs douaniers généralisés de 25% sur les importations mexicaines et canadiennes, ainsi que des droits de douane moins élevés (10%) sur l’énergie canadienne.

Les transporteurs affirment que les tarifs entraîneraient des licenciements dans l’industrie
Les transporteurs affirment que les tarifs douaniers menacés par le président américain Donald Trump feraient des ravages dans leur industrie, car le commerce entre le Canada et les États-Unis en prendrait un coup.
Les taxes généralisées de 25% sur les importations canadiennes aux États-Unis, maintenant reportées d’au moins un mois, jusqu’au début de mars, constitueraient le plus grand choc commercial au nord de la frontière depuis près d’un siècle.
Le président de l’Alliance canadienne du camionnage (ACC), Stephen Laskowski, estime que les retombées pourraient être le dernier clou du cercueil pour bon nombre des 5 000 entreprises de transport de son groupe, déjà en difficulté en raison de la baisse de la demande des consommateurs.
«Si ces tarifs douaniers sont maintenus à ces niveaux pendant une période prolongée, cela pourrait être le dernier clou du cercueil pour de nombreuses flottes de camions», a déclaré M. Lawskowsi. «Le tableau est sombre.»
Selon Joseph Khoueiry, dont l’entreprise Fabreville Inc. exploite cinq semi-remorques entre Toronto et Montréal, la baisse probable du volume total des échanges transfrontaliers amènerait davantage de chauffeurs à se tourner vers le marché national du camionnage. L’augmentation du nombre de camionneurs se disputant les contrats de transport entraînerait une baisse des prix, ce qui nuirait à la rentabilité de l’entreprise.
«Ils vont nous faire concurrence. Cela va affecter le taux, cela va manger nos marges», a-t-il affirmé à la Presse Canadienne.
M. Khoueiry a ajouté que les pièces de rechange pour sa flotte subiraient probablement des hausses de prix en raison des droits de douane de 25% imposés sur les importations en provenance des États-Unis, payés par un dollar canadien encore plus faible. S’échangeant à environ 68 cents américains lundi, le huard a atteint son niveau le plus bas depuis 2003, et les experts en devises prévoient de nouvelles baisses si les marchés prévoient que les tarifs douaniers seront appliqués à long terme.
L’ACC a demandé aux premiers ministres d’ouvrir le commerce interprovincial.
Mike Millian, président de l’Association canadienne du camionnage d’entreprise (ACCE), a reconnu que les tarifs douaniers seraient dévastateurs pour l’industrie du camionnage. Il reste attentif aux futures menaces tarifaires et se fait l’écho de l’appel de l’ACC à réduire les barrières commerciales interprovinciales.
«L’ACCE se réjouit de voir que la sérénité l’emporte pour l’instant avec un sursis de 30 jours pendant que les administrations travaillent ensemble pour s’assurer que les tarifs douaniers ne seront pas appliqués du tout», a indiqué M. Millian dans un communiqué.
«Bien que nous ne soyons pas encore sortis d’affaire, il s’agit d’un premier pas positif. Espérons que ce temps sera mis à profit pour veiller à ce que les deux parties respectent les accords commerciaux qu’elles ont négociés et signés, et qu’elles travaillent ensemble à la sécurisation de la frontière qu’elles partagent. Entre-temps, le Canada devrait continuer à travailler à l’élimination des barrières commerciales intérieures afin de garantir un partenariat commercial interne plus fort pour le bien de notre pays tout entier.»
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