Miovision veut aider à gérer la circulation routière plus intelligemment
On rêve tous de feux de circulation parfaitement synchronisées qui permettraient de filer de manière fluide et sans arrêts en ville. L’entreprise canadienne Miovision Technologies travaille à faire de ce rêve une réalité, et même encore plus. Elle croit que les feux de circulation intelligents pourront bientôt devenir des alliés pour les flottes de camions, en réduisant les arrêts inutiles, les temps de ralenti et même la consommation d’énergie des véhicules électriques.
Miovision travaille avec les villes pour développer la gestion du trafic intelligent et optimiser l’interaction de l’écosystème routier dans lequel interagissent notamment les voitures, les camions, les piétons, les cyclisteset les véhicules d’urgence. «On travaille à la préemtion, c’est à dire la la capacité de donner la priorité à certains véhicules selon le contexte», explique Lyne Jacques, vice-présidente Développement commercial et relations d’affaires.
Des intersections qui communiquent
Née d’un projet universitaire à Kitchener, en Ontario, Miovision est aujourd’hui présente à plus de 70 000 intersections en Amérique du Nord, et l’entreprise ajoute chaque mois de nouveaux points à son réseau. L’idée : permettre aux feux de circulation de «parler» entre eux, d’analyser le trafic en temps réel et d’ajuster la synchronisation des feux pour améliorer la fluidité et la sécurité.
Jusqu’à maintenant, le principal intérêt des municipalités pour ces technologies concernait les véhicules d’urgence — ambulances, camions d’incendie, voitures de police — à qui l’on donne un passage prioritaire automatisé. Mais Mme Jacques croit que l’industrie du camionnage pourrait y trouver aussi de réels avantages. «Tout ce qui peut aider la flotte à réduire sa consommation de carburant et à accélérer les temps de transit, c’est intéressant pour les transporteurs.»
Et si vous exploitex un camion électrique en milieu urbain, la gestion intelligente promet d’améliorer l’autonomie des véhicues. « Si un camion électrique n’a pas à s’arrêter à chaque feu rouge et qu’il peut anticiper les feux verts, la durée de vie de sa batterie peut augmenter de 20 %», souligne-t-elle.

Les bénéfices financiers peuvent sembler modestes à l’échelle d’un seul camion, mais ils deviennent significatifs lorsqu’on les multiplie par le nombre de véhicules dans une flotte. « Ce qu’on perçoit en parlant avec des flottes de transport, c’est qu’il y a vraiment un business case, dit Lyne Jacques. Ce n’est pas un gain spectaculaire par camion, mais c’est du temps et du carburant économisés, et à grande échelle, c’est rentable.»
Au Canada, plusieurs grandes villes, dont Montréal, ont déjà intégré certaines composants de Miovision dans la gestion de leurs intersections. D’autres projets sont en cours, notamment à Toronto, où l’entreprise présentera cet automne ses plus récents développements.
Lyne Jacques précise que les solutions matérielles sont de plus en plus intégrées directement dans les tableaux de bord ou les systèmes de télématique des véhicules. « Ce n’est pas une simple application mobile, dit-elle. On veut éviter d’ajouter un autre appareil ou un autre écran. L’idée, c’est d’intégrer la technologie dans les outils déjà utilisés par les chauffeurs, comme les systèmes de bord ou les affichages tête haute.»
Cette approche répond aussi à une préoccupation croissante dans l’industrie : la distraction au volant. «On sait que les cellulaires sont déjà une source de distraction, particulièrement dans le camionnage. On ne veut surtout pas en ajouter un autre », insiste-t-elle.
Miovisionest ouverte à établir des partenariats avec les transporteurs. «Nos technologies peuvent aider les flottes à mieux planifier leurs itinéraires urbains, à réduire le ralentissement aux intersections et à améliorer la sécurité. C’est une évolution naturelle», dit Lyne Jacques. «On veut que les transporteurs fassent partie de la conversation. Il y a un potentiel énorme pour eux, et c’est en travaillant ensemble qu’on pourra créer de la valeur », conclut Lyne Jacques.
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