Mises à pied chez Paccar Sainte-Thérèse sur fond de pertes de profits et de tarifs américains
Lorsque la haute direction de Paccar a présenté, hier, ses résultats financiers du troisième trimestre, elle s’est félicitée du fait que plus de 90% de ses camions Kenworth et Peterbilt soient fabriqués aux États-Unis, les mettant à l’abri des récents tarifs de 25% sur les poids moyens et lourds décrétés par l’administration Trump.
Pour les membres de l’équipe Paccar du Canada, dont les travailleurs de l’usine de Sainte-Thérèse en banlieue nord de Montréal, ça n’augurait rien de bon et la nouvelle est finalement tombée : 300 d’entre eux sont mis à pied.
« Les 300 travailleuses et travailleurs mis à pied chez PACCAR deviennent les dernières victimes de la guerre tarifaire que les États-Unis nous livrent. Nous allons tout faire en notre possible pour supporter nos membres affectés durement par cette annonce », a réagi ce midi le syndicat Unifor qui les représente.

Profits en baisse de 39%
Au cours du troisième trimestre de 2025, les ventes de Paccar à l’échelle mondiale se sont élevées à 6,67 milliards $ (tous les montants sont en dollars américains), en baisse par rapport aux 8,24 milliards $ récoltés au cours de la même période en 2024.
Ces ventes ont généré des profits de 590 millions $ au troisième trimestre, soit 39% de moins que les 972,1 millions $ engrangés l’an dernier au cours du même trimestre.
L’entreprise a livré 31 900 nouveaux camions à travers le monde au cours de ce trimestre, comparativement à 39 000 au trimestre précédent. Des ventes de pièces records de 1,72 milliard $ ont permis de maintenir un équilibre.
Preston Feight, PDG de Paccar, s’est dit satisfait de ces résultats.
« Les nouveaux tarifs sur les camions en vertu de la Section 232 qui doivent entrer en vigueur en novembre devraient amener de la clarté sur le marché au cours de prochains mois. Paccar est fière de produire plus de 90% des camions qu’elle vend aux États-Unis au Texas, en Ohio et dans l’État de Washington », a-t-il déclaré.
Il est estimé que 40% des camions vendus aux États-Unis proviennent du Mexique… et du Canada dans une moindre mesure.
Des camions d’ici pour le marché d’ici?
Selon le syndicat Unifor qui représente les travailleurs de Paccar à Sainte-Thérèse, en attendant que les pourparlers en cours aboutissent à une éventuelle entente commerciale avec les États-Unis, il est impératif que le gouvernement du Québec envoie un signal clair.
Hydro-Québec, la SAQ, les municipalités, les corps policiers, les sociétés d’État et les autres organisations publiques et parapubliques devraient tous prioriser l’achat de camions fabriqués au Québec, dit le syndicat par voie de communiqué.
« Le gouvernement du Québec dispose de leviers directs pour sauver des emplois ici en passant entre autres par l’achat local des sociétés d’État. C’est à Québec de donner l’exemple, d’exercer son leadership et d’appeler tous les autres paliers de gouvernement du Canada à faire de même », a déclaré Daniel Cloutier, directeur québécois d’Unifor.
« Mais il faut passer à l’action sans délai, car chaque emploi perdu fragilise un peu plus notre avenir industriel », a-t-il ajouté.
La division Peterbilt de Paccar a récemment annoncé que l’usine de Sainte-Thérèse, jusque-là limitée aux camions de poids moyen, élargissait ses capacités de production pour y produire des camions de classe 8, plus précisément le Model 567 pour le marché canadien.
Il également envisagé d’y produire des camions électriques.
« La stratégie de fabrication flexible de Peterbilt nous permet de construire nos camions localement dans les marchés où ils sont vendus », a déclaré Tina Albert, directrice générale adjointe des opérations chez Peterbilt à la fin du mois de septembre.
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