Nouveau témoignage aux Communes : les dérives «Chauffeur inc.» découragent les jeunes d’intégrer l’industrie

Les jeunes ne sont pas intéressés à intégrer une industrie qui fait parler d’elle pour des questions de fraudes, d’accidents mortels qui tuent des mères de famille et leurs enfants ou encore de travailleurs exploités. Et ceux et celles qui sont déjà dans le secteur du camionnage envisagent de changer de carrière.

Ce volet ressources humaines a fait partie du témoignage qu’a livré hier Angela Splinter, présidente et cheffe de la direction de RH Camionnage Canada (RHCC), à un comité parlementaire de la Chambre des communes qui se penche sur les enjeux qui touchent le camionnage au pays et plus précisément le problème des « Chauffeurs inc. », ces conducteurs de camions déguisés en travailleurs autonomes par des employeurs peu scrupuleux.

Angela Splinter témoigne devant un comité des Communes
(Photo : RHCC)

« Ces pratiques non éthiques poussent les nouveaux arrivants sur le marché du travail et les travailleurs existants de notre secteur à chercher des opportunités de carrière ailleurs. Il y a une préoccupation croissante à l’effet que le manque de protections au travail ait un impact profond et durable sur la disponibilité de travailleurs qualifiés dans l’avenir », a déclaré Mme Splinter aux élus d’Ottawa.

Protections sociales et concurrence déloyale

Le manque de protections auquel elle fait référence, c’est tout le filet social dont sont privés les Chauffeurs inc. en raison de leur classification d’emploi erronée : congés fériés, assurance- emploi, couverture salariale en cas d’accident de travail, etc.

« Ces normes d’emploi sont au cœur de la culture du travail du Canada et sont essentielles pour assurer l’équité sur le marché du travail », a ajouté la spécialiste des questions de ressources humaines.

Mme Splinter a également abordé l’impact économique de ces manœuvres frauduleuses, tant pour les transporteurs respectueux des lois qui font face à une concurrence déloyale que pour le gouvernement qui se voit privé de sommes importantes puisque les employeurs qui embrassent le modèle Chauffeur inc. ne paient aucune cotisation à des régimes comme celui des pensions ou de l’assurance-emploi.

« Cela a créé un environnement de concurrence inégale dans l’industrie du camionnage, qui désavantage les transporteurs qui se conforment aux lois du travail et de l’impôt, faisant en sorte qu’ils sont en concurrence avec des entreprises qui exploitent ce modèle pour épargner des coûts et en tirer des profits », a résumé Mme Splinter.

Un beau métier, essentiel

La mission de RHCC est, entre autres, de promouvoir les professions de l’industrie du camionnage, dont celle de chauffeur de camion.

Ils sont présentement 340 000 hommes et femmes à assurer quotidiennement les liaisons entre les différentes communautés du pays et à faire faire tourner l’économie, a plaidé Mme Splinter devant les députés fédéraux.

« Les chauffeurs de camions du Canada transportent notre économie et ce qui fait le quotidien de nos vies. Ils méritent d’être traités équitablement, des conditions de travail sécuritaires et des employeurs qui respectent les règles. C’est tout cela que le modèle Chauffeur inc. vient miner », a conclu la PDG de RHCC.


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