« On joue sur un terrain extrêmement dangereux en laissant n’importe qui faire n’importe quoi au volant d’un poids lourd », dit le PQ qui exige des patrouilleurs armés sur nos routes
Le Parti Québécois a organisé une conférence de presse vendredi dernier pour sommer le gouvernement Legault de doter les contrôleurs routiers du Québec d’armes leur permettant de faire face aux situations dangereuses et ainsi recommencer à faire des interventions non planifiées lors de patrouilles.
« On envoie le personnel de Contrôle Routier Québec (CRQ) avec un équipement insuffisant faire des interventions dangereuses sur lesquelles on n’accepterait jamais d’envoyer un policier ou une policière sans l’arme de service et sans formation adéquate », a lancé Joël Arseneau, porte-parole du Parti Québécois en matière de Transports et de Sécurité publique.

Rappelons que depuis le 6 mars dernier, les contrôleurs routiers sont confinés aux postes de pesée, postes de contrôle que se plaisent à ignorer plusieurs camionneurs délinquants, dénonce M. Arseneau.
Qualifiant la situation actuelle de « Far West » sur les routes, M. Arseaneau est allé visiter l’un de ces postes de pesée, quelques jours avant la conférence de presse, afin de discuter avec des contrôleurs routiers forcés à l’immobilité depuis que le tribunal administratif du travail (TAT) leur a interdit d’effectuer des interceptions sur la route.
Selon M. Arseneau, non seulement l’État québécois perd-il des millions de dollars en amendes qui ne sont pas décernées, les routes du Québec et des municipalités sont détériorées par des camions illégaux en surcharge, qui exercent une concurrence déloyale à l’endroit des transporteurs respectueux des lois.
Concurrence illégale
« Le gouvernement du Québec laisse proliférer une concurrence à bas prix, illégale et dangereuse », tonne le député péquiste de des Îles-de-la-Madeleine.
David Gauthier, porte-parole de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ), a de son côté fait valoir que, depuis que ses membres ne peuvent plus patrouiller, plus personne n’est là pour surveiller et empêcher des camions de matières dangereuses d’emprunter le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Le porte-parole du Parti Québécois a par ailleurs souligné que plusieurs accidents graves impliquant des poids lourds se sont produits au cours des dernières semaines, se gardant cependant de faire un lien de cause à effet direct entre ces tragédies et l’absence des contrôleurs routiers.
« Ce que je peux vous dire, c’est qu’on joue sur un terrain extrêmement dangereux en laissant n’importe qui faire n’importe quoi au volant d’un poids lourd », a répondu M. Arseneau aux questions des journalistes.
« Si le premier ministre croit vraiment, comme il le prétend, que la sécurité des citoyens est une des responsabilités centrales de tous les gouvernements, il doit prendre dès maintenant la décision d’équiper comme il se doit les constables pour qu’ils retournent sur la route », a lancé le député péquiste à l’endroit de François Legault.
Camionneurs en état d’ébriété
Joël Arseneau dit que des contrôleurs routiers de la région de Québec lui ont confié que, au cours des mois de janvier et février 2025, soit avant la décision d’interrompre les patrouilles, ils ont intercepté pas moins de 16 chauffeurs de poids lourds en état d’ébriété, et ce uniquement dans la région de la Capitale-Nationale.
Armes à feu ou tasers
Selon le Journal de Montréal, le ministre des Transports, Jonatan Julien, s’apprête à proposer à ses collègues du conseil des ministres deux options pour mieux protéger les contrôleurs routiers et ainsi leur permettre de reprendre la route : des pistolets à impulsions électriques de type taser ou encore des armes à feu.
Le président du syndicat des contrôleurs routiers dit pour sa part que les tasers sont inefficaces dans trop de situations et que seules des armes à feu permettraient à ses membres de faire leur travail en sécurité.
En ce moment, les agents ne disposent que de bâtons télescopiques et de poivre de Cayenne pour se défendre.
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