Ottawa veut que les Canadiens soient exemptés du «passeport canin» à la frontière

Le ministre fédéral de la Santé, Marc Holland, est en discussions avec les autorités américaines afin de les convaincre d’exempter les citoyens canadiens des nouvelles exigences qui doivent s’appliquer dès le 1er août aux personnes désireuses d’entrer aux États-Unis avec leur chien.

La nouvelle réglementation exigerait des camionneurs et des automobilistes voyageant avec leur chien qu’ils démontrent que l’animal semble en bonne santé, est âgé d’au moins six mois, est doté d’une micropuce et qu’ils ont rempli le formulaire requis par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis.

Petit chien dans une cabine de camion
(Photo : iStock)

« Depuis que les exigences ont été annoncées pour la première fois par les CDC le 8 mai 2024, le premier ministre, des députés et moi avons soulevé la question auprès de partenaires américains, et les dirigeants du Congrès américain ont fait part de leurs préoccupations à cet égard », déclare le ministre Holland.

La démarche vise à souligner les répercussions importantes et négatives que ces exigences auraient sur la population, tant canadienne qu’américaine, précise le ministre, puisque les Américains rentrant chez eux après un séjour au Canada seraient soumis aux mêmes règles.

« Les secteurs du transport, notamment le camionnage, feront face à des défis qui auront des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement américaines et canadiennes », ajoute M. Holland, soulignant que le Canada et les États-Unis échangent des milliards de dollars en biens et services chaque année.

Il convient de souligner que les camionneurs pourraient être doublement affectés par cette mesure : ceux qui voyagent avec un chien parce qu’ils devront gérer cette nouvelle paperasserie et même ceux qui n’ont pas de chien avec eux parce que les délais pourraient être allongés à la frontière avec tous ces douaniers occupés à vérifier le statut des chiens se trouvant dans les voitures et les camions.

« Nous continuons de plaider en faveur d’une exemption de ces exigences, étant donné que nos deux pays sont exempts de la rage canine, vu la réalité géographique de notre frontière commune et de nos liens économiques et sociaux solides », dit le ministre canadien de la Santé, demandant à tout le moins une période de grâce pour que les gens aient le temps de s’adapter.

D’ici là, le gouvernement du Canada a mis sur pied une page Web d’information pour les personnes voyageant avec leur chien, que vous pouvez consulter en cliquant ici.

L’Alliance du camionnage veut du « gros bon sens »

L’Alliance canadienne du camionnage (ACC) demande elle aussi une période de grâce avant l’application des nouvelles normes canines américaines.

L’ACC demande que la nouvelle politique soit reportée à au moins janvier 2025. Dans sa correspondance avec les comités du commerce canadien et américain, elle demande à ces derniers de mettre de la pression sur les décideurs politiques afin d’amener du « gros bon sens » à la situation avant l’échéance prévue du 1er août.

Tout est allé trop vite, estime l’ACC, déplorant le manque de communication ayant entouré la nouvelle mesure.

« Nous avons présenté une solution qui non seulement protège nos animaux de compagnie, mais protège aussi nos chauffeurs et permet d’éviter les délais potentiels à la frontière ainsi que des impacts potentiels de milliards de dollars en commerce », a déclaré le président de l’ACC, Stephen Laskowski.


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