Peterbilt au Canada, le gouvernement du Québec et l’achat de camions fabriqués ici
Peterbilt Canada est clairement en mode séduction au pays, tentant de faire croître l’engouement pour les camions qu’elle fabrique chez nous, à l’usine de Sainte-Thérèse.
L’entreprise vise bien sûr les flottes de camionnage, mais aussi les divers paliers de gouvernement (fédéral, provinciaux, municipaux) qui font l’acquisition de camions pour leurs propres besoins.

Transport routier a discuté de la question avec Kate Rahn, directrice exécutive de Peterbilt Canada.
Dans un premier temps, elle revient sur la décision du Canada, annoncée le mois dernier, de favoriser les fournisseurs établis au pays.
« La direction prise par le gouvernement du Canada renforce la valeur des produits faits au Canada et pourrait encourager les flottes publiques et privées de toutes les tailles à prendre en considération les avantages économiques et opérationnels de s’approvisionner localement en véhicules Peterbilt et autres produits fabriqués localement », dit-elle.
Mme Rahn rappelle qu’il y a plus de 25 ans que Peterbilt fabrique des camions au Canada, avec des employés d’ici.
Et ça pourrait n’être qu’un début.
« Grâce à la flexibilité de notre stratégie manufacturière, nous sommes positionnés pour étendre nos capacités de production pour de futurs produits, dont des véhicules de classe 8 et des camions électriques à batterie », ajoute Mme Rahn.
La marque à l’ovale rouge compte par ailleurs poursuivre sa campagne de communications axée sur des slogans tels que « Fièrement canadiens » et « Fabriqués au Québec ». Selon la directrice exécutive de Peterbilt, il s’agit en quelque sorte d’un hommage au dévouement de l’équipe de Sainte-Thérèse.
Préjugé favorable à Québec, dans le respect des accords commerciaux

Lorsqu’il est question de savoir si le gouvernement du Québec entend emboîter le pas et favoriser, lui aussi, l’achat de camions fabriqués sur son territoire, la situation n’est pas simple puisque de multiples ministères sont impliqués (Transports, Finances, Conseil du trésor, Économie, Travail, etc.).
C’est la raison pour laquelle les cabinets de ces différents ministères ont décidé de se concerter et de parler d’une seule voix, au nom de l’ensemble du gouvernement du Québec, pour répondre à nos questions.
« L’industrie canadienne du transport est au nombre des préoccupations que nous faisons valoir au gouvernement fédéral et nous continuerons les démarches pour que le Québec bénéficie de l’intégration du marché canadien », nous dit le gouvernement Legault dans un premier temps.
« Évidemment, l’achat québécois constitue une considération importantes de notre gouvernement, bien au-delà de la crise tarifaire », ajoute-t-on.
« Notre objectif est de donner l’exemple en la matière, dans le respect des accords internationaux applicables. En 2023-2024, c’est 1,2G$ de retombées supplémentaires que nous avons générées au Québec grâce à la Stratégie gouvernementale des marchés publics. »
« Nous savons que la crise tarifaire met une pression importante sur plusieurs entreprises, comme PACCAR. À court terme, l’aide la plus déterminante que nous pouvons offrir aux entreprises se trouve dans les mesures de soutien financier annoncées par la ministre de l’Économie en réponse à la crise tarifaire. »
« Seulement avec le programme Frontière, c’est 1,6 G$ que nous rendons disponible pour les entreprises affectées par le contexte actuel. »
Le programme Frontière est piloté par Investissement Québec et vise à appuyer les entreprises québécoises touchées par l’imposition de tarifs douaniers américains.
Celles qui sont jugées admissibles peuvent bénéficier de prêts gouvernementaux pouvant atteindre 50 millions $.
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