Plus du tiers des camionneurs demandent à travailler illégalement
L’Alliance canadienne du camionnage (ACC) vient de publier les résultats d’un sondage mené auprès de 82 transporteurs canadiens, dont les flottes combinées représentent 10 600 camions.
Au cours des six derniers mois, ces entreprises de camionnage ont reçu près de 18 000 demandes d’emploi de chauffeurs. De tous les candidats retenus, 36% ont indiqué vouloir travailler sous une fausse classification de fournisseur de service autonome, stratagème bien connu sous le nom de Chauffeur inc., même s’ils ne disposent d’aucun camion et comptent sur l’employeur pour trouver des clients et confectionner leurs horaires.
Et lorsque l’employeur potentiel indiquait son refus de contourner les lois, 49% des postulants retiraient carrément leur candidature.

Cela jette un éclairage nouveau sur cette réalité de l’économie souterraine, où on a beaucoup mis l’accent sur des employeurs peu scrupuleux qui forcent des travailleurs démunis à s’adonner à cette pratique. Il appert en fait que beaucoup de chauffeurs trouvent aussi leur compte – ou ont l’impression de le trouver – dans ce tour de passe-passe d’évasion fiscale.
C’est particulièrement vrai en Ontario, où le phénomène est le plus virulent au pays. Là, la proportion de camionneurs demandant à être embauchés sous le statut de Chauffeur inc. atteint les 47%, et 65% tournent les talons si l’entreprise de camionnage n’accepte pas la manœuvre illégale.
Des 82 transporteurs sondés, 53 ont leur siège social en Ontario, cinq sont du Québec, 10 de l’Alberta, quatre de la Colombie-Britannique, quatre du Manitoba, cinq du Canada Atlantique et un de la Saskatchewan.
« Partout au Canada, il devient de plus en plus difficile pour les entreprises désireuses de respecter les lois d’engager qui que ce soit de façon légale – et dans certains marchés de l’Ontario, il est pratiquement impossible de le faire », constate Stephen Laskowski, président de l’ACC.
« Si le parti qui remporte l’élection de la semaine prochaine est réellement sérieux lorsqu’il parle de créer des emplois légitimes, bien payés et qui respectent les droits humains des travailleurs, alors il doit sérieusement s’attaquer à l’économie souterraine, hors de contrôle dans l’industrie du camionnage – immédiatement », conclut le président de l’ACC.
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