Port de Montréal : la grève des heures supplémentaires ne sera pas impunie, prévient l’employeur
Peu de temps après que le syndicat des débardeurs du port de Montréal ait annoncé le début, jeudi le 10 octobre à 7h00, d’une grève illimitée des heures supplémentaires, leur employeur réplique par un avis indiquant que les membres d’une équipe de travail incomplète et ne pouvant pas vaquer à ses activités en raison de cette grève ne seront pas payés.
En entrevue à Transport Routier, la porte-parole de l’Association des employeurs maritimes (AEM), Isabelle Pelletier, illustre le problème par une mise en situation.
« Les employés portuaires ont jusqu’à une minute avant le début de leur quart pour se caller off. Donc il arrive que, quand on commence les quarts, il manque des gens », explique-t-elle, précisant qu’en pareils cas en temps normal, d’autres travailleurs prennent la relève en faisant du temps supplémentaire.

« Donc comme ce temps supplémentaire-là, les travailleurs ne le font plus, il y a des équipes qui ne pourront pas faire leur quart de travail. Par exemple, si un grutier se décommande juste avant son quart de travail, on n’est pas capables d’en avoir un autre en temps supplémentaire. Donc puisqu’il n’y a pas de grutier, l’équipe sur place ne peut pas travailler. »
Quant à savoir s’il est injuste que des gens qui, eux ne sont pas en situation de grève des heures supplémentaires et sont disponibles pour le travail, soient privés de leur rémunération, Mme Pelletier estime que ce n’est pas le cas.
« Nous si on a quelqu’un qui se décommande à la dernière minute et qu’on ne peut pas compléter et faire le travail, on ne peut pas payer des gens qui ne travaillent pas. C’est légal, de la même façon que de faire la grève du temps supplémentaire est légal », dit la porte-parole.
Par voie de communiqué, l’AEM dit que cette décision est « nécessaire dans le contexte où des équipes incomplètes causeront de façon imminente le ralentissement ou encore l’arrêt des opérations du Port, avec les conséquences qui en découlent pour le public. »
« L’AEM réitère sa volonté de poursuivre les négociations et demande au Syndicat de suivre la démarche dictée par le Service fédéral de médiation et de conciliation afin d’en arriver le plus rapidement possible à une entente négociée », ajoute l’employeur.
Pour aider les entreprises de camionnage à suivre l’évolution de la situation, l’Administration portuaire de Montréal (APM) a mis sur pied une page Web qui fait des mises à jour régulières. Les entreprises peuvent également communiquer avec un représentant du port en tout temps à l’adresse courriel market@port-montreal.com.
Pour le statut d’une cargaison spécifique, la porte-parole de l’APM, Renée Larouche, suggère que les entreprises de camionnage s’adressent aux opérateurs des terminaux et surveillent les sites Web de ces terminaux, puisqu’ils pourraient contenir des informations pertinentes relatives au conflit.
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Y doivent nous payer 3h pareil vu qu’on est caller en place