Port de Montréal : le projet de Contrecœur reconnu d’intérêt national en vertu de la loi C-5
Le premier ministre Mark Carney a indiqué que le projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur, évalué à 1,6 milliard de dollars, fait partie des premiers projets d’intérêt national qui devraient être accélérés en vertu de la loi C-5 adoptée en juin dernier.
Le début de la construction du nouveau terminal est prévu prochainement. Il pourrait faire doubler la capacité du Port de Montréal en recevant 1,15 million de conteneurs par année.

La Loi C‑5, officiellement intitulée «Loi sur l’unité de l’économie canadienne», est encore en cours d’examen. Elle comporte deux volets principaux, soit :
-la Loi sur le libre-échange et la mobilité de la main-d’œuvre au Canada, qui vise à abolir les barrières fédérales au commerce interprovincial de biens, services et à la mobilité de la main‑d’œuvre; et
-la Loi visant à bâtir le Canada, qui donne au gouvernement fédéral le pouvoir de désigner certains projets comme étant d’intérêt national. Cette désignation permet alors d’accélérer leur approbation en présumant favorablement certaines décisions ou autorisations requises par d’autres lois fédérales, ce qui peut contourner des obligations réglementaires habituelles.
Quelques jours plus tard, l’Administration portuaire de Montréal (APM) a annoncé que son dossier de demande de permis requis pour la réalisation des travaux en eau, dans le cadre du projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur, a été officiellement déposé et reconnu complet par le ministère des Pêches et Océans Canada .
La réception de cette confirmation marque une étape déterminante dans l’avancement du projet. L’APM s’attend désormais à recevoir une réponse officielle des autorités fédérales dans les prochaines semaines, selon les délais réglementaires existants, a indiqué l’organisme par communiqué.
« Cette étape témoigne de la rigueur de notre démarche et du travail collaboratif mené depuis plusieurs années avec les autorités gouvernementales, les Premières Nations et les parties prenantes concernées», a déclaré Julie Gascon, présidente-directrice générale de l’APM. « Nous poursuivons le projet avec transparence et dans le respect des plus hauts standards environnementaux.»
L’APM a intégré à son projet un ensemble de mesures de compensation visant à réduire les impacts des travaux en eau.
Parmi celles-ci :
- L’aménagement de digues et brise-lame pour la plantation d’herbier pour le chevalier cuivré à l’île aux Bœufs;
- La création de 27,7 hectares d’habitat de poissons et d’oiseaux aquatiques dans le secteur des îles de Boucherville favorisant le frai, l’alimentation et l’abri des espèces de poissons, en place depuis 2012;
- L’aménagement de milieux humides sur sa propriété à Contrecœur;
- La plantation de 40 000 arbres et arbustes dont 22 000 plantés en 2024 à Contrecœur;
- L’aménagement d’habitats fauniques pour les hirondelles de rivage (2019 et 2021) et chauves-souris (2021);
- Des projets de verdissement et de mise en valeur écologique en partenariat avec les communautés locales
- Un suivi scientifique rigoureux des résultats des mesures implantées.
La Vigie Citoyenne Port de Contrecœur demande de son côté une intervention urgente pour évaluer les impacts du projet du Port de Contrecœur sur la qualité de l’air, de l’eau potable, le bruit, les poussières, les odeurs, la santé ainsi que les risques industriels et ferroviaires.
«Les citoyens considèrent que de nombreux aspects de ce très grand projet industrialo-portuaire n’ont pas été évalués sur la santé des citoyens, alors que le Port de Montréal a annoncé le début de travaux préparatoires, potentiellement dès le 29 septembre», indique le regroupement par communiqué.
L’arrivée du nouveau terminal augmentera le nombre de camions en circulation sur la route 132, où le Port de Montréal exploite un terminal de vrac depuis longtemps. Les activités de camionnage se dérouleront de 6h à 18h et principalement avant 15h, les jours de semaine.
Au cours des premières années d’exploitation, il circulera environ 300 camions par jour (30 camions par heure). Lorsque le terminal de Contrecoeur atteindra son niveau maximal d’utilisation dans plusieurs années, on estime que le flux de circulation sera d’environ 1 200 camions par jour.
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