Postes Canada : adieu les avions, bonjour les camions

Les employés de Postes Canada ont déclenché une grève nationale hier, à la suite de l’annonce par Ottawa d’une série de mesures destinées à réduire les pertes financières de la société d’État, dont la fin de la livraison du courrier à domicile.

Parmi ces mesures, on note la fin de l’utilisation du transport par avion pour la livraison du courrier non urgent, au profit du transport routier.

Camion de Postes Canada sur une route montagneuse
(Photo: Postes Canada)

« En ajustant les normes pour que le courrier non urgent puisse être acheminé par voie terrestre plutôt que par voie aérienne, la société économisera plus de 20 millions de dollars par année », a indiqué hier Joël Lightbound, ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement.

Le Canada fait plus de 5 500 kilomètres d’est en ouest et, pour respecter la norme des deux jours ouvrables de livraison entre la pointe du cap Spear à Terre-Neuve-et-Labrador et la frontière de l’Alaska au Yukon, l’avion était jusqu’à maintenant le mode de transport privilégié.

On ignore pour le moment quel volume de transport ce transfert modal amènera au camionnage mais il s’agit très certainement d’un vote de confiance d’une forte symbolique envers la flexibilité que procure le transport par camion.

Concurrence dans la livraison de colis

Tant que durera la grève actuelle, les transporteurs privés pourront bénéficier d’un afflux supplémentaire de colis à livrer.

Cependant, la volonté affichée par Postes Canada de s’imposer encore davantage dans le secteur des colis pour renflouer ses coffres – lorsque ses syndiqués seront de retour au travail – suscite du mécontentement, notamment à l’Alliance canadienne du camionnage (ACC).

Dans un communiqué publié hier après l’annonce du gouvernement fédéral, l’ACC demande au gouvernement du Canada de tenir des audiences publiques pour clarifier la question de la concurrence dans la livraison de colis, y compris les mouvements de transport transfrontaliers que cela implique.

« Bien que l’annonce d’aujourd’hui par le ministre Lightbound n’endosse pas spécifiquement ce virage, elle soulève l’enjeu de la livraison de colis à titre de source de croissance et met en lumière le déclin des parts de marché de Postes Canada dans ce secteur par rapport au secteur privé et la défaillance du service [des postes] à se pencher sur cet écart », peut-on lire dans le communiqué de l’ACC.

Dans sa déclaration officielle, le ministre Lightbound souligne en effet que la part de marché de Postes Canada dans la livraison de colis est de moins de 24% alors qu’elle était de 62% en 2019. Une possibilité de croissance manquée, estime le ministre.

L’Alliance n’entend pas laisser la société d’État venir gruger les parts de marché de ses membres transporteurs.

« L’ACC ne soutient pas l’expansion d’entités du secteur public dans le marché du transport de fret », a déclaré le président de l’Alliance, Stephen Laskowski.


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