Poutres de sécurité et détection infrarouge pour empêcher les camions de heurter un viaduc ferroviaire à Westmount

Cela fait malheureusement partie de la réalité du camionnage : certains chauffeurs ont du mal à estimer avec précision la hauteur de leur véhicule et heurtent des viaducs ou autres structures surélevées.

Pour exo, organisme de transport collectif, la situation était problématique au viaduc ferroviaire de l’avenue Greene, à Westmount sur l’île de Montréal.

Cette route est interdite aux camions mais, à l’occasion de travaux routiers, ceux de l’échangeur Turcot notamment, il arrivait que des camionneurs l’empruntent à titre de détour improvisé, provoquant parfois des collisions avec la structure.

Ouvrier et grue installent une poutre de protection du viaduc ferroviaire de l’avenue Greene à Westmount
L’installation de la deuxième poutre de protection du viaduc ferroviaire de l’avenue Greene s’est déroulée sans encombre vendredi dernier. (Photo : Exo)

Le problème, explique le porte-parole Eric Edström, c’est que même si l’impact était relativement mineur et qu’il suffisait de dégonfler les pneus du camion pour le sortir de sa fâcheuse position, les règles de sécurité ferroviaire exigeaient des mesures supplémentaires.

« Dès que le viaduc est heurté, la circulation ferroviaire est arrêtée jusqu’à ce que deux inspections soient complétées, soit les inspections de la voie et de la structure. Cela entraine des retards d’en moyenne 35 minutes par incident pour les trois lignes de train du réseau d’exo empruntant le viaduc », dit l’organisation par voie de communiqué.

La nouvelle configuration, qui a impliqué l’installation de deux imposantes poutres d’acier de chaque côté du viaduc vendredi dernier, devrait permettre d’atténuer de façon importante l’une des principales raisons de retards des trains de passagers qui passent par là.

Avertissements graduels

Le système de protection mis au point de la firme de génie conseil GBI est graduel. Dans un premier temps, si un camion approche de la structure, des capteurs infrarouges captent la hauteur surdimensionnée du camion. Puis, sur un panneau d’affichage électronique apparaît un message d’avertissement d’impact imminent.

Si le chauffeur ignore le message ou n’arrive pas à s’arrêter à temps, c’est la poutre d’acier qui l’immobilisera plutôt que le viaduc, sans entraver la circulation des trains. Chacune des deux poutres peut encaisser le choc d’un véhicule de 315 000 livres qui se déplace à 50 km/h.

Cette technologie pourrait être déployée aux abords d’autres structures similaires. Une municipalité aurait déjà contacté exo pour obtenir des renseignements.

En Colombie-Britannique, des transporteurs ont vu leur permis d’opération suspendus après que leurs camions soient entrés en collision avec des viaducs.

Pas moins de 19 incidents de ce genre ont impliqué des poids lourds dans cette province de la côte Pacifique cette année. Assez pour que le gouvernement provincial demande au fédéral de resserrer les règles en la matière.

*Ce texte a été mis à jour afin d’y apporter des compléments d’information technique.


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