Près d’une PME sur cinq ne survivra pas plus de six mois aux tarifs douaniers si la situation ne change pas

De nouvelles données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) révèlent que les PME sont les plus durement touchées par les tarifs douaniers américains et canadiens sur l’acier et l’aluminium (59 %) et les contre-tarifs canadiens (58%). Certaines PME estiment même qu’elles ne survivront pas longtemps si rien ne change.

Les données recueillies pour le sondage Impacts de la guerre commerciale Canada-États-Unis sur votre entreprise de la FCEI montrent que la guerre commerciale affecte les PME à tous les niveaux : augmentation des dépenses (62%), baisse des revenus (48%), perturbations de la chaîne d’approvisionnement (41%) et suspension des investissements (36%).

De plus, 19% des propriétaires de PME affirment qu’ils ne pourraient pas assumer les coûts supplémentaires des tarifs plus de six mois si la situation restait inchangée, et 38% affirment qu’ils ne pourraient pas assumer ces coûts plus d’un an.

(Photo : iStock)

«Les PME n’ont pas beaucoup de marge de manœuvre. Elles font leur possible pour absorber les coûts des tarifs douaniers, mais si rien ne change, elles devront prendre des décisions difficiles», a déclaré Michelle Auger, analyste principale des politiques à la FCEI.

«Dans le contexte de la guerre commerciale, le pire scénario pour le Canada serait de conclure un accord défavorable avec les États-Unis, mais l’incertitude à laquelle les propriétaires de PME sont confrontés depuis six mois n’est pas un meilleur scénario. Pour soutenir les PME, Ottawa doit leur offrir une certaine stabilité et leur retourner les revenus générés par les contre-tarifs. Nous avons proposé plusieurs options, comme une réduction temporaire du taux fédéral d’imposition des petites entreprises à 0% ou une remise inspirée de modèles précédents, comme celle sur la taxe carbone.»

Puisque les contre-tarifs sur les importations américaines rapportent des milliards à Ottawa, une forte majorité (82%) d’entrepreneurs estiment que ces revenus devraient être retournés aux PME canadiennes touchées directement et indirectement par la guerre commerciale.

«L’impact de la guerre commerciale sur les PME canadiennes devrait être la principale préoccupation du gouvernement, alors que le Canada poursuit ses négociations avec les États-Unis», a ajouté Simon Gaudreault, économiste en chef et vice-président de la recherche à la FCEI. «Le Canada ne pourra pas résoudre sa crise de productivité sans donner plus de moyens à ses entrepreneurs. Si le gouvernement veut bâtir une économie canadienne unifiée, il doit s’assurer que les PME fassent partie de la solution en les soutenant pour compenser le coût des tarifs en cette période difficile.»


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