Sécurité à la frontière : Ottawa accorde la retraite anticipée à ses douaniers

La stratégie demeure floue à Ottawa quant à la manière de rehausser la sécurité aux frontières afin d’apaiser la nouvelle présidence américaine.

Il y a quelques jours, après sa visite éclair à Mar-a-Lago pour rencontrer Donald Trump et son équipe en compagnie du premier ministre Justin Trudeau, Dominic LeBlanc annonçait un plan de 1,3 milliard $ sur six ans pour mieux sécuriser la frontière canadienne.

Cette somme doit servir à l’acquisition de nouveau matériel de surveillance, mais aussi à embaucher du personnel supplémentaire, a indiqué le ministre LeBlanc. Depuis le remaniement ministériel de ce matin, il n’est plus ministre de la Sécurité publique mais il demeurerait néanmoins responsable du dossier de la frontière.

Gros plan de voiture de patrouille de l’ASFC
(Photo : ASFC)

Pendant ce temps au Conseil du Trésor du Canada, la ministre Anita Anand a annoncé mercredi dernier, le 18 décembre, qu’elle accorde la retraite avec pleine pension après 25 ans de service aux agents de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), donc parfois à un âge aussi jeune que 45 ou 50 ans.

La question se pose : Dominc LeBlanc devra-t-il se tourner vers des douaniers incités à la retraite avec pension par sa collègue Anand et les réembaucher pour regarnir les troupes à la frontière?

« Ces mesures comprennent la possibilité de transférer les années de service de première ligne accumulées entre de multiples fonctions, et même lors des transitions vers d’autres postes de la fonction publique à condition de satisfaire aux exigences d’admissibilité », écrit simplement Mme Anand dans le communiqué annonçant la nouvelle mesure de départ à la retraite.

Pour compliquer un peu plus la situation, Anita Anand a perdu ce matin la responsabilité du Conseil du Trésor au profit de Ginette Petitpas Taylor lors du remaniement ministériel à Ottawa. Mme Anand demeure néanmoins titulaire du ministère fédéral des Transports.

Justin Trudeau, quant à lui, n’a toujours pas annoncé s’il entend rester en poste ou pas, alors que son leadership est contesté au sein de son propre parti.

Ça va, tout le monde suit?

Effectifs suffisants ou pas?

Lorsque la question de la retraite des douaniers après 25 ans de service avait d’abord été soulevée en juin dernier, l’ASFC se faisait rassurante, disant que le recrutement de nouveaux agents se faisait en continu et qu’elle analysait les données démographiques de ses effectifs chaque année.

C’était toutefois cinq mois avant l’élection de Donald Trump et le rehaussement des critères de sécurité à la frontière.

Déjà à l’époque, le Syndicat des Douanes et de l’Immigration estimait qu’il manquait entre 2 000 et 3 000 agents frontaliers à travers le pays pour que l’ASCF soit en mesure de remplir sa mission de façon efficace.

Les syndiqués estimaient par ailleurs que, loin de vider les rangs des effectifs, la retraite après 25 ans, attirerait au contraire de nombreux nouveaux candidats et candidates, désireux de bénéficier de ces conditions de travail avantageuses.

Qui aura raison et quel sera l’impact sur la fluidité du passage des camions à la frontière? Bien malin celui qui saurait le dire en cette période de confusion à Ottawa et de bravades à Washington.


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