Semaine nationale du camionnage : honorer les 82 000 cœurs qui font battre le camionnage au Québec
L’Association du camionnage du Québec (ACQ) chapeaute les activités liées à la Semaine nationale du camionnage (SNC) au Québec, qui se tiendra cette année du 7 au 13 septembre et qui aura pour thème 82 000 cœurs battent au rythme du vôtre, faisant référence aux 82 000 personnes œuvrant dans l’industrie du camionnage.
«Année après année, on parle toujours du capital humain et de notre force de travail. Quand on dit que 82 000 cœurs battent, c’est parce qu’on fait référence à l’humain. Et il y a plusieurs déclinaisons à l’intérieur de notre façon d’exprimer ces 82 000 cœurs», indique Marc Cadieux, PDG de l’ACQ.

L’objectif de la SNC est de mettre en lumière les employés de l’industrie, conducteurs, gestionnaires, mécaniciens et autres, et de présenter un visage à la population générale dont le camionnage soutient le quotidien.
«On veut faire rappeler l’influence que l’on a dans les industries et l’économie, mais également dans les petits moments de vie de chacun», explique Cyril Maurin directeur de la communication et de la transition numérique à l’ACQ. «À l’image d’un cœur qui bat, on vit sa vie sans s’en rendre compte. Le camionnage a une mission d’intérêt public et une influence directe et totale sur la vie de chaque Québécoise et Québécois, sans que ces derniers s’en rendent compte. C’est tout le thème de cette campagne.»
L’ACQ continuera de promouvoir la SNC avec différents outils comme des messages à la radio, des panneaux publicitaires ainsi que des publicités à la télévision. L’ACQ présente aussi trois capsules vidéo mettant en valeur un thème précis représentant l’industrie du camionnage : une industrie de proximité, une industrie de performance et une industrie de savoir-faire. L’ACQ prend d’ailleurs une approche différente avec ces capsules, utilisant un ton plus dynamique et émotionnel, proche du montage de films d’action.
«On l’associe à un cœur qui bat, donc à une vision très organique. La vidéo sur la performance, par exemple, s’associe à des athlètes sportifs, donc la pression avant d’entrer dans une compétition et le cœur qui bat, on joue vraiment sur l’aspect émotionnel. Ça peut paraître un peu abstrait, mais c’est tout le sens de l’aspect créatif de la campagne, soit de présenter le camionnage sous un angle différent», explique M. Maurin.
«On sort un peu des sentiers battus traditionnels dans notre façon de communiquer, mais ça revient toujours à l’être humain qui est derrière le volant, dans le garage ou dans le bureau», précise M. Cadieux.
L’ACQ laisse aux transporteurs le soin de partager les outils promotionnels que l’association fournit. Elle les encourage également à organiser de leur côté des activités pour leurs employés afin de souligner leur travail.
«On veut qu’il y ait une espèce d’effet d’entraînement, comme on le sollicite chaque année auprès des entreprises. On vous laisse l’initiative de faire ce que vous voulez, mais toujours pour rappeler l’importance de souligner cette semaine auprès du personnel», de dire M. Cadieux.
Problèmes de main-d’œuvre
L’industrie du camionnage continue de faire face à de nombreux enjeux qui interpellent l’ACQ, y compris de nombreux problèmes liés à la main-d’œuvre, dont les récentes politiques de restrictions pour les travailleurs étrangers temporaires.
L’ACQ a notamment fait une déclaration d’urgence pour déplorer l’inaction du gouvernement face aux restrictions imposées par Ottawa en lien avec les travailleurs étrangers temporaires. Marc Cadieux a également été l’un des signataires d’une lettre de la Fédération des chambres de commerce du Québec destinée à la ministre de l’Emploi et des Familles du Canada, Patty Hadju, et au ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec, Jean-François Roberge, demandant un moratoire et des mesures transitoires pour répondre aux besoins des entreprises québécoises.
«En ce moment, c’est le sujet qui domine toute la précarité des entreprises qui ne savent pas si demain ou dans six mois ils vont pouvoir renouveler les travailleurs qu’elles ont accueillis, formés et intégrés. Et le gouvernement nous laisse en ce moment dans une incertitude complète», indique M. Cadieux.
«C’est une force de travail qui est essentielle à la survie de plusieurs industries, dont la nôtre. On veut bien engager des Tremblay, mais il n’y en a pas. Puis la cohorte de nos travailleurs est déjà très avancée en âge. Ça aussi, c’est un autre des dossiers pour lesquels on se bat.»
Long combat contre les Chauffeur Inc.
Depuis un bon moment, l’ACQ mène un combat acharné contre le stratagème Chauffeur inc., qui nuit grandement à l’industrie du camionnage. De la concurrence déloyale «qui vient porter ombrage à nos compagnies qui sont, dans certains cas, rendues à la troisième ou à la quatrième génération», de dire Marc Cadieux.
Le problème a même l’attention de la population, notamment grâce à un article de La Presse dans lequel le président de Trans-West, Réal Gagnon, a fait part des problèmes de son entreprise face aux compagnies Chauffeur inc. M. Cadieux y a apporté ses commentaires et s’est aussi exprimé sur le sujet à la radio FM93. De plus, l’émission J.E. a produit un reportage sur le sujet, tout comme Le Devoir et Le Journal de Québec.
L’ACQ a également publié plus tôt dans l’année un manuel de compréhension rapide sur l’enjeu intitulé «Stoppons Chauffeur inc.».
L’ombre des tarifs
S’il y a une chose qui a bouleversé le quotidien des camionneurs québécois en 2025, ce sont bien les tarifs douaniers imposés par Donald Trump. Le président américain n’a cessé d’augmenter ces tarifs, atteignant 35% le 1er août dernier.
La mise en place de ces tarifs affecte non seulement la rentabilité des transporteurs et accentue l’incertitude économique, mais elle permet également aux Chauffeurs inc. de se propager plus facilement, car leur faible coût concurrentiel et déloyal est très avantageux pour les expéditeurs qui doivent payer les tarifs douaniers supplémentaires. C’est pour faire face à ce problème que Marc Cadieux et l’ACQ rencontrent les représentants des différents paliers gouvernementaux canadiens afin de créer des mesures de renforcement du commerce intérieur.
«On est en train de se retisser une économie plus fluide à l’intérieur de notre propre pays», souligne M. Cadieux. «Les rencontres qu’on a eues avec les gouvernements provincial et fédéral, c’est pour aussi abattre certaines barrières interprovinciales et tarifaires. Se redonner des outils pour mieux travailler dans notre propre pays.»
Un tournant positif pour le virage vert
La volonté de l’industrie québécoise du camionnage de se tourner vers les technologies zéro émission a connu des hauts et des bas durant la dernière année. On peut cependant se montrer plus optimiste, surtout avec le retour du programme Écocamionnage, après une suspension de la subvention à l’automne 2024.
«Les enveloppes budgétaires ont été annoncées, cependant le programme n’est pas encore opérationnel et on n’a pas encore les détails de ce qui va s’appliquer», explique M. Cadieux. «C’est un peu mon cheval de bataille en ce moment. Ça devrait être sur pied en septembre et j’imagine ça va sûrement être bientôt annoncé par le gouvernement.»
Ces nombreux enjeux dans lesquels l’ACQ est impliquée démontrent qu’il est important de souligner le travail acharné de tous les employés de l’industrie du camionnage en cette Semaine nationale du camionnage.
L’ACQ travaille sur des dossiers d’envergure qui traversent les années. Aujourd’hui, ce sont les travailleurs étrangers temporaires et Chauffeur inc. Ce sont des dossiers qui restent d’actualité», a rappelé M. Maurin.
«Il y a la sauvegarde et la protection de nos acquis, qui font partie du mandat de l’ACQ, mais il y a aussi la valorisation de l’industrie. Et la Semaine nationale du camionnage, c’est précisément le moment où on peut le faire.»
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