Sondage KPMG : 44% des entreprises d’ici veulent réduire leurs mouvements de transport vers et en provenance des États-Unis

Bien que le président américain Donald Trump ait décidé d’accorder une pause de 30 jours sur les tarifs douaniers touchant les produits canadiens, l’incertitude entourant la menace imminente de tarifs de 25% incite les entreprises canadiennes à renforcer la résilience et l’agilité de leurs chaînes d’approvisionnement.

C’est ce qui ressort d’un sondage mené par la firme de services-conseils KPMG auprès de 250 dirigeants d’entreprises canadiennes, dont 88% vendent ou exportent leurs produits vers les États-Unis, et dont les résultats ont été dévoilés aujourd’hui.

Vue de l’arrière d’un camion qui passe près d’un panneau qui indique la proximité de la frontière canado-américaine
(Photo : iStock)

Transfrontalier sortant : Près de la moitié (44%) des répondants ont déclaré qu’ils étaient en train de reconfigurer leurs chaînes d’approvisionnement pour détourner les exportations destinées aux États-Unis vers des pays tiers qui ne sont pas touchés par les tarifs douaniers.

Transfrontalier entrant : La même proportion de 44% des répondants envisage de reconfigurer leurs chaînes d’approvisionnement pour détourner les marchandises en provenance des États-Unis.

Le sondage de KPMG a par ailleurs révélé que près des deux tiers (65%) des entreprises canadiennes avaient déjà pris des mesures préventives et s’étaient préparées à d’éventuels tarifs douaniers en expédiant des marchandises aux États-Unis avant l’investiture du président Trump.

Solvabilité des expéditeurs

Les entreprises de camionnage devront par ailleurs s’assurer d’être payées par leurs plus petits clients, qui ont peut-être moins de latitude dans le choix de leurs partenaires d’affaires et qui continueront de faire du commerce avec les États-Unis.

« Les plus petits fournisseurs ayant moins d’options pourraient avoir de la difficulté à absorber les coûts supplémentaires, ce qui augmenterait le risque d’insolvabilité », prévient Alain Sawaya, leader national du groupe Chaîne d’approvisionnement de KPMG Canada.

Sa collègue Nancy Chase, leader nationale des Services en gestion des risques, ajoute que la modification des chaînes d’approvisionnement et le déplacement de la production vers des pays non touchés par les tarifs pourraient aider les entreprises à éviter des coûts supplémentaires, mais que cela pourrait aussi susciter de nouveaux risques.

Dont celui de faire affaire avec de nouveaux transporteurs dont la fiabilité reste à éprouver.

« La reconfiguration des chaînes d’approvisionnement pourrait aider les entreprises à éviter les répercussions des tarifs douaniers imposés aux pays touchés, mais elle crée également un nouveau lot de risques pour ces entreprises, car elles se tournent vers de nouveaux fournisseurs tiers qui sont relativement peu connus. Dans certains cas, les organisations sont si pressées de changer de fournisseurs qu’elles ne prennent pas le temps d’évaluer adéquatement les nouveaux », dit-elle.

Le sondage de KPMG a été mené entre le 21 et le 27 janvier 2025.


Have your say

We won't publish or share your data

*