Tarifs douaniers : 70% des transporteurs d’ici ont vu leurs volumes diminuer, dit un sondage de l’Alliance canadienne du camionnage
Ce n’est plus une vague crainte, c’est maintenant bien réel. Un sondage mené par l’Alliance canadienne du camionnage (ACC) démontre que près de 70% des transporteurs d’ici indiquent que des voyages qu’ils devaient livrer aux États-Unis ont été carrément annulés ou mis sur pause.
Des produits tels que le bois d’œuvre, les produits pétroliers, les fertilisants, l’équipement agricole, les pneus et les produits alimentaires sont parmi ceux qui écopent, dit l’ACC sur son site Web.

Le secteur automobile et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnements sont affectés, disent les entreprises de camionnage sondées par l’ACC. Ces entreprises et des membres de conseils d’administration d’associations de camionnage provinciales qualifient l’environnement d’affaires actuel de « périlleux ».
L’incertitude des tarifs imposés par les États-Unis, désimposés le lendemain puis réimposés sous une autre forme quelques jours plus tard, a causé un fouillis chez les exportateurs et les importateurs.
« Plusieurs rapportent que les tarifs ont essentiellement stoppé le commerce, alors que les clients et les fournisseurs ont du mal à calculer la valeur réelle des produits, à déterminer qui doit payer pour ces coûts additionnels. Des clients doivent s’ajuster et se tourner des options de livraisons juste à temps/d’urgence pour composer avec les coûts liés aux tarifs », rapporte l’ACC.
La bonne nouvelle, c’est que les contre-tarifs canadiens ciblés ont fait beaucoup moins mal aux transporteurs du pays, puisque 70% d’entre eux disent n’avoir subi aucun impact lié à leurs mouvements de transport des États-Unis à destination du Canada.
Mises à pied et hiver nucléaire
Si un faible pourcentage (8%) des flottes sondées disent avoir déjà été contraintes de procéder à des mises à pied, près de 70% des transporteurs disent qu’ils surveillent de près la taille de leur bassin de main-d’œuvre. Plus préoccupant encore, plusieurs d’entre eux (60%) disent qu’une guerre commerciale prolongée pourrait mettre l’existence de leur entreprise à risque.
Seuls 10% des transporteurs disent pouvoir remplacer leurs mouvements de transport internationaux par du camionnage interprovincial, à l’intérieur des frontières canadiennes. L’économie souterraine et le phénomène Chauffeurs inc sont notamment pointés du doigt.
« Lorsque la capacité aura été drainée du secteur transfrontalier vers le marché intra-canadien, cela créera des conditions d’affaires insupportables et un véritable hiver nucléaire pour les mouvements de transport Canada/États-Unis », s’inquiète le président de l’ACC, Stephen Laskowski.
« L’économie canadienne, et l’industrie du camionnage qui en est la courroie d’entraînement, arrivent à un point dangereux de l’histoire, menant à un jeu d’attrition où les entreprises sont en concurrence pour savoir qui pourra tenir le plus longtemps avant de devenir insolvable », ajoute M. Laskowski.
L’ACC conclut en disant avoir de nouveau fait plusieurs recommandations au Conseil de la fédération canadienne, notamment le retrait des barrières commerciales domestiques, d’apporter des changements au code du travail et au régime d’imposition, ainsi que l’importance de s’attaquer à l’économie souterraine au sein de l’industrie du camionnage.
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