Témoignages des premières expériences d’électrification

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Dans le cadre du Colloque sur les énergies alternatives de l’Association du camionnage du Québec, plusieurs représentants de flottes qui ont été les premières à adopter des camions électriques ont fait part de leur expérience.

De gauche à droite, Brandon Abraham, Luc Parayre, Martin Casaubon et Patrick Villerand (Photo : David Simard-Jean)

L’introduction

Simard Transport a fait l’essai de quatre eCascadia au sein de sa flotte. «Pour nous, ça avait beaucoup de sens pour nos opérations», a déclaré Brandon Abraham, directeur des services partagés et des finances pour Simard Transport. Le transporteur voyait en effet un potentiel dans cette technologie, car il effectue beaucoup de livraisons locales. «Les camions électriques peuvent être un bon moyen pour analyser nos routes et nos points de nos chargements. C’est pour ça qu’on a commencé là-dedans.»

C’était aussi le cas pour l’entreprise Les Emballages Carrousel, qui a fait usage de six camions électriques.

Certains ont eu la motivation à cause du Plan pour une économie verte 2030, qui vise notamment une décarbonation complète du transport autour de 2040. «2040, c’est demain, donc il faut commencer quelque part», a affirmé Luc Parayre, directeur de la planification et de l’administration de la chaîne d’approvisionnement pour la SAQ, le détaillant ayant exploité aussi un eCascadia.

Enjeux

Les représentants transporteurs ont fait face aux principaux enjeux des camions électriques : leur poids et leur autonomie. En effet, les performances des camions électriques sont reconnues pour être meilleures sur de courtes distances et avec des chargements qui ne sont pas trop lourds.

«Présentement, avoir un camion électrique, ça demeure moins rentable qu’un autre véhicule à cause de tous les coûts attachés», a affirmé Martin Casaubon, vice-président des opérations pour Les Emballages Carrousel. «Chez Carrousel, je pourrais impliquer 100% de ma flotte s’il n’y avait pas d’enjeu de distance.»

La communication est un autre aspect dont il faut tenir compte. «Je pense que le nerf de la guerre, ce sera la communication», a indiqué Patrick Villerand, directeur de la division Énergie chez Attrix et anciennement directeur technique de la transition électrique chez Transport scolaire Sogesco, qui a partagé son expérience dans l’électrification de flottes scolaires.

Cela passe non seulement par la formation des chauffeurs, mais aussi des techniciens qui entretiennent les camions et qui, pour la plupart, doivent s’occuper pour la première fois d’un modèle électrique.

«On a réussi à attirer les chauffeurs, mais il y avait de la réticence. Il fallait communiquer ce qu’un véhicule électrique fait et ce qu’il ne fait pas, et être le plus réaliste possible pour que ça fonctionne avec l’énergie, la borne et les chauffeurs que l’on a», a expliqué Luc Parayre.

Planifiez l’infrastructure

Les transporteurs ont aussi dû mettre en place une infrastructure convenable pour la recharge de leurs véhicules électriques. Pour Patrick Villerand, cela commence par une bonne analyse des besoins de la flotte.

«Vous n’allez pas vraiment pouvoir choisir la bonne infrastructure avec votre partenaire si vous ne connaissez pas les détails de vos opérations quotidiennes. Selon moi, votre première étape serait de faire une bonne analyse», souligne-t-il. «Cependant, le constat que je fais le plus souvent quand j’analyse des flottes de véhicules pour mes clients, c’est qu’ il y a beaucoup plus de potentiel que ce qu’ils s’imaginent.»

Simard Transport et Carrousel ont d’ailleurs collaboré avec Cléo pour leur infrastructure de recharge, ce qui les a beaucoup aidés dans la gestion de leurs opérations.

Les quatre représentants croient que sans aide financière, faisant notamment à la suspension du programme Écocamionnage, l’électrification des flottes sera compliquée à réaliser. «Les camions sont quand même quelque 100 000$ plus chers sans subvention que lorsque nous avons acheté les quatre nôtres», souligne Brandon Abraham, qui a bon espoir que ce dossier sera réglé d’ici peu.

Martin Casaubon ne compte pas se laisser décourager d’investir dans les véhicules électriques. Il prévoit en intégrer dans ses opérations à Québec. «Parce que c’est efficace et ça me permet une rentabilité.»


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