Travailleurs étrangers : il est minuit moins une, dit l’ACQ qui somme Québec d’agir

Il est minuit moins une pour l’Association du camionnage du Québecc (ACQ), alors qu’approche la reprise soutenue des activités après la période estivale.

Des travailleurs étrangers temporaires (TET) pour lesquels les transporteurs d’ici ont investi temps et argent afin de les intégrer à l’industrie commencent à quitter précipitamment notre secteur d’activité parce que leurs permis de travail ne peuvent pas être renouvelés, exacerbant les problèmes de main-d’œuvre déjà existants.

(Photo : iStock)

L’ACQ a publié une déclaration d’urgence, disant déplorer l’inaction du gouvernement du Québec face aux restrictions de la politique de travailleurs étrangers temporaires imposées par Ottawa, jugeant que ces mesures donnent un dur coup non seulement à l’industrie du camionnage mais à l’économie québécoise entière.

L’ACQ explique que les transporteurs ont souvent recours aux travailleurs étrangers temporaires pour exercer les métiers qui ne trouvent pas preneur dans le bassin de travailleuses et travailleurs Québécois.

Selon le regroupement de transporteurs routiers, les mesures d’Ottawa restreignent la possibilité d’embaucher ces travailleurs dans un secteur où la pénurie de main-d’œuvre est importante.

«Alors que le ministère de l’Immigration peine à atténuer la rigueur imposée par Ottawa, les entreprises membres de l’ACQ ne cachent plus leur exaspération et dénoncent un statu quo politique devenu intenable», écrit l’ACQ.

«Il y a urgence à rendre au transport routier de marchandises les ressources nécessaires pour assurer la continuité de ses activités qui font partie intégrante de la chaîne d’approvisionnement et garantissent la souveraineté économique et industrielle du pays», ajoute l’ACQ dans le communiqué émis hier en fin d’après-midi.

Selon l’association, la crise va au-delà de la perte d’une main-d’œuvre étrangère fidélisée au prix de nombreux investissements. Elle souligne que plusieurs analyses sectorielles récentes constatent également un vieillissement de la main-d’œuvre à des postes clés de l’industrie dont il faudra prochainement assurer le renouvellement.

L’ACQ demande sans délai au ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration que l’industrie du camionnage soit explicitement reconnue à Ottawa comme un secteur clé qui nécessite d’être exempté de toutes mesures de resserrement et d’appliquer sans nuance la «clause grand-père» à l’industrie du camionnage.

«Nous demandons une action ferme et immédiate. Le sujet de la main-d’œuvre ne doit souffrir d’aucune instabilité liée à des choix dictés par la conjoncture politique», tonne Marc Cadieux, président-directeur général de l’ACQ.


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