Trois facteurs susceptibles de réduire la surcapacité du marché du camionnage
Avec peu d’espoir d’une reprise à court terme de la demande de fret, de nombreux transporteurs envisagent de réduire leur capacité pour tenter de retrouver la rentabilité.
La capacité du camionnage est demeurée excédentaire depuis la pandémie de Covid-19 et tarde à se résorber, même dans un contexte de plus en plus difficile. La baisse de la valeur des camions d’occasion rend les prêteurs réticents à saisir les entreprises en difficulté.
«Ce matériel roulant n’a pas généré beaucoup de valeur ajoutée, et les banques ne sont pas meilleures que les transporteurs pour le revendre», a déclaré Sam Anderson, PDG de Bay and Bay Transportation, lors de la FTR Transportation Conference 2025.
Aussi sombre que cela puisse paraître, quels facteurs pourraient entraîner une réduction de la capacité? Voici trois pistes évoquées.
1. Coûts d’assurance
«Les primes d’assurance pour le camionnage atteignent des niveaux jamais vus, affichant une hausse de 6% d’une année sur l’autre», a indiqué Avery Vise, vice-président du camionnage chez FTR.
Selon lui, cet impact reste pour l’instant limité puisque la plupart des flottes ont fixé leurs primes en début d’année, mais la facture pourrait devenir insoutenable en 2026 pour plusieurs transporteurs.
Même les entreprises les plus sécuritaires subissent cette tendance.
«Nous avons enregistré nos deux meilleures années de sécurité en 2023 et 2024, et 2025 s’annonce encore meilleure», a affirmé Spencer Frazier, vice-président exécutif des ventes et du marketing chez J.B. Hunt Transport. «Pourtant, nos coûts d’assurance continuent d’augmenter.»
Pour une mégaflotte comme J.B. Hunt, cette hausse est absorbable. Mais selon M. Vise, les petits transporteurs pourraient ne pas survivre à de nouvelles majorations.
2. Maîtrise de l’anglais par les conducteurs
En juin, la Federal Motor Carrier Safety Administration (FMCSA) a demandé à la Commercial Vehicle Safety Alliance (CVSA) de mettre hors service les conducteurs incapables de démontrer une maîtrise suffisante de l’anglais.
Depuis, 12 080 infractions ont été constatées et 3 126 chauffeurs mis hors service. Mais les conducteurs mexicains circulant dans la zone frontalière restent exemptés, ce qui limite l’impact réel de la mesure.
«Seules 26% des infractions entraînent une mise hors service, en raison de cette exception», a expliqué M. Vise. «Théoriquement, elle pourrait être annulée, mais les conséquences économiques d’une interdiction à la frontière seraient désastreuses.»

3. Prix du carburant
Pour l’instant, la faiblesse relative des prix du carburant aide certains petits transporteurs à rester à flot.
«Les prix actuels leur permettent probablement de réaliser des économies substantielles», a déclaré M. Anderson. «S’ils remontent, la situation pourrait devenir critique.»
M. Vise ne prévoit toutefois pas de flambée prochaine, sauf si les États-Unis devaient accroître leurs exportations énergétiques, ce qui pourrait exercer une pression à la hausse sur les prix. Mais un tel scénario semble peu probable à l’approche des élections de mi-mandat.
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