Trump annonce des tarifs douaniers de 25% sur toutes les importations d’automobiles aux États-Unis
Le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret imposant la semaine prochaine des tarifs douaniers de 25% sur toutes les importations d’automobiles aux États-Unis, mais l’intégration profonde de l’industrie nord-américaine signifie que les véhicules en provenance du Canada pourraient être soumis à des tarifs moins élevés.
Le décret, rendu public mercredi soir, précise que les tarifs douaniers sur les importations d’automobiles entreront en vigueur le 3 avril. Une fiche d’information fournie mercredi par la Maison-Blanche indique que les automobiles importées dans le cadre de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, également appelé ACEUM, ne seront soumises à des tarifs douaniers que sur la valeur du contenu non fabriqué aux États-Unis.

Le décret prévoit également des tarifs sur certaines pièces automobiles telles que les moteurs, les transmissions et les composants électriques. Les pièces automobiles relevant de l’ACEUM ne seront pas soumises aux derniers tarifs imposés par Trump jusqu’à ce que le secrétaire au commerce, Howard Lutnick, en consultation avec le service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, «établisse une procédure pour appliquer des tarifs douaniers à leur contenu non américain», a indiqué la Maison-Blanche.
Le premier ministre Mark Carney a qualifié cette décision d’«attaque directe» contre les travailleurs canadiens de l’automobile et a promis une action et un soutien rapides.
«Nous défendrons nos travailleurs. Nous défendrons nos entreprises. Nous défendrons notre pays. Et nous le défendrons ensemble», a-t-il déclaré à Kitchener, en Ontario.
M. Carney a qualifié ces droits de «totalement incompatibles» avec l’ACEUM et «la longue histoire des relations dans le secteur automobile, qui remonte au Pacte de l’auto», un accord commercial sur l’automobile signé entre le Canada et les États-Unis en 1965.
L’ACEUM a été négocié au cours de la première administration Trump et a renforcé les règles exigeant qu’une majorité des pièces automobiles soient nord-américaines pour que le véhicule soit exempt de tarifs douaniers. Les nouveaux tarifs risquent de semer la confusion dans l’industrie automobile.
Trump a affirmé que les tarifs douaniers sur les automobiles étaient permanents et que les constructeurs automobiles «devraient rapatrier leurs divisions de pièces détachées aux États-Unis».
La guerre commerciale menée par le président a provoqué des incertitudes sur les marchés et dans le secteur de l’automobile. Les actions des trois grands constructeurs automobiles (Stellantis, Ford et General Motors) ont toutes baissé à la fermeture des marchés boursiers mercredi. L’action de Tesla était également en baisse.
La taxe automobile de Trump est la première à frapper depuis le début des élections fédérales au Canada, il y a quatre jours, mais les tarifs douaniers du président et sa menace permanente d’annexer le Canada sont devenus la principale préoccupation d’un grand nombre de Canadiens avant le vote du 28 avril.
Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a souligné que son message à Trump après la dernière annonce de tarifs douaniers était de les «laisser tomber».
«Ces droits de douane provoquent tout simplement le chaos sur les marchés. Ils entraînent la dislocation des travailleurs des deux côtés de la frontière.»
M. Poilievre a déclaré lors d’un arrêt de campagne à Montmagny, avant que Trump ne confirme les tarifs douaniers : «Arrêtez de menacer le Canada avec des tarifs. Arrêtez de parler de notre souveraineté.»
Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a affirmé mercredi soir que les tarifs sont la raison pour laquelle M. Carney aurait dû rappeler le Parlement avant la campagne pour légiférer sur l’aide d’urgence aux travailleurs susceptibles d’être licenciés. Vendredi dernier, M. Carney a temporairement renoncé à la période d’attente d’une semaine pour que les travailleurs puissent bénéficier de l’assurance-emploi.
Dave McDowell, ouvrier de l’automobile à THK Rhythm Automotive, à St Catharines en Ontario, a confirmé que les derniers tarifs créent davantage d’incertitude pour le secteur.
M. McDowell, qui est également président de la section locale 1859 d’Unifor, a expliqué que les activités ont ralenti «un peu», mais il pense que l’usine attend de voir ce qui se passera le 2 avril, date à laquelle Trump devrait mettre en œuvre ce qu’il appelle des tarifs douaniers «réciproques» en augmentant les tarifs américains pour qu’ils correspondent aux taux d’imposition appliqués par d’autres pays sur les importations.
«Beaucoup de gens sont inquiets, ils doivent supporter cela pendant les quatre prochaines années et il n’y a aucun moyen de savoir ce qu’il va faire», a indiqué M. McDowell dans un bureau de campagne du NPD à London, en Ontario.
Lana Payne, présidente nationale d’Unifor, a déclaré que les travailleurs canadiens de l’automobile constituent un élément important de l’économie depuis plus de 100 ans et que le syndicat fera tout ce qui est en son pouvoir pour que les emplois restent au Canada.
«Ce ne sont pas les emplois que Donald Trump peut prendre ou voler. Ce sont des emplois canadiens», a-t-elle ajouté.
Au début du mois, Trump a imposé au Canada des tarifs douaniers, avant de les suspendre partiellement quelques jours plus tard. Il n’est pas certain que ces tarifs généralisés, que Trump a liés à la circulation du fentanyl, soient de nouveau appliqués la semaine prochaine. La Maison-Blanche n’a pas répondu à une demande d’échéancier.
Au début du mois, Trump a décidé d’imposer des tarifs de 25% sur toutes les importations d’acier et d’aluminium aux États-Unis, y compris les produits canadiens.
L’Ontario a suspendu sa surtaxe sur l’électricité pour trois États américains au début du mois, après que le premier ministre Doug Ford a rencontré M. Lutnick à Washington, où on lui a assuré qu’il n’y aurait plus de surprises.
«Eh bien, voici la surprise», a affirmé M. Ford mercredi. «Je crois honnêtement que l’administration américaine, certains jours, ne peut pas prédire ce que le président Trump va dire.»
M. Ford a dit qu’il attendait de voir ce qu’il adviendrait des tarifs douaniers réciproques, ajoutant qu’il avait demandé à M. Carney d’organiser une réunion avec tous les premiers ministres au sujet d’autres mesures de rétorsion face à l’augmentation des tarifs.
«Deux options s’offrent à nous : soit nous nous inclinons en tant que pays et il nous écrase 15 fois et obtient ce qu’il veut, soit nous nous battons comme nous ne l’avons jamais fait auparavant», a souligné M. Ford. «Je préfère cette dernière option.»
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