Trump élu avec des promesses de tarifs douaniers plus élevés : l’industrie se prépare
Donald Trump a été élu pour une deuxième fois hier à la présidence des États-Unis et l’un de ses engagements phares était d’imposer des tarifs douaniers élevés (de 10 % à 20 % selon différents scénarios évoqués) sur les marchandises entrant en territoire américain.
Or, le Canada est le principal partenaire commercial des Américains.

En entrevue à Transport Routier, le PDG de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, rappelle que, en 2020, le Canada a exporté pour 384 milliards $ aux États-Unis et que près de 55 % de ces biens ont traversé la frontière par camion.
« Pour notre industrie, ça revêt bien sûr l’exportation une très très grande importance », indique M. Cadieux.
Plusieurs transporteurs membres de l’ACQ lui auraient fait part de leurs questionnements au cours des derniers jours puisque, peu importe qui devait l’emporter, chacun des camps présentait une fibre protectionniste bien appuyée.
Les menaces de tarifs douaniers des républicains avaient cependant plus de mordant.
« Il y a une plus grande appréhension face à ce que le président Trump a dit lors de la campagne électorale », reconnaît le président de l’ACQ.
Selon la plupart des observateurs, les transporteurs qui dépendent des secteurs de l’acier et de l’aluminium pourraient être les plus durement touchés.
Le premier ministre François Legault a lui-même dit craindre des répercussions négatives sur l’économie, ainsi qu’en matière d’immigration.
Pour Marc Cadieux toutefois, il importe de tempérer les choses. Le Canada se dit prêt, rappelle-t-il, tout comme le Québec avec ses bureaux de représentation à l’étranger.
« Les phrases dites pendant les campagne électorales, souvent sont recalibrées dans l’exercice des choses une fois que la personne est dans le siège », rappelle le PDG de l’ACQ.
D’autant plus que des pans entiers de l’économie américaine ont besoin des produits canadiens et de la chaîne d’approvisionnement canadienne pour demeurer concurrentiels.
« Ce sera le défi, du côté canadien et des provinces, de mettre en valeur nos produits et de trouver des moyens de franchir cette étape-là. On a chacun avantage à collaborer, à continuer à avoir imports et exports », conclut M. Cadieux.
Rappelons que l’accord de libre-échange Canada/États-Unis/Mexique (ACEUM) doit être renégocié en 2026.
Camions électriques, taxe d’accise et verdicts nucléaires
Du côté américain, l’American Trucking Associations (ATA) a félicité Donald Trump et les membres de son équipe, s’engageant à travailler avec eux durant la période de transition.
« Le président Trump a fait du camionnage une priorité lors de son premier mandat et s’est associé à nous pour mettre en place des politiques qui ont renforcé la chaîne d’approvisionnement, qui ont fait croître l’économie et ont livré la marchandise pour l’ensemble des Américains », a déclaré Chris Spear, président et chef de la direction de l’ATA.
Selon lui, ce deuxième mandat devrait être l’occasion de revoir les règles de l’EPA en matière de camions électriques, des normes d’émissions que l’ATA qualifie de « technologiquement inatteignables ».
L’ATA plaide par ailleurs pour l’abolition de la taxe d’accise sur les camions et les remorques, une mesure punitive qui freine les investissements des transporteurs dans du matériel roulant plus récent, plus propre et plus sécuritaire, martèle le regroupement.
Un rééquilibrage du système de justice civil devra également être opéré, conclut l’ATA.
Les verdicts nucléaires visant des entreprises de transport par camion aux États-Unis sont de plus en plus courants et de plus en plus coûteux, parfois de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars.
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