Trump impose des tarifs douaniers de 25% sur les camions complets
Le président américain Donald Trump a annoncé hier soir, via sa plateforme Truth Social, l’imposition de tarifs douaniers de 25 % sur les camions lourds fabriqués à l’extérieur des États-Unis.
«Afin de protéger nos grands constructeurs de poids lourds contre la concurrence déloyale étrangère, j’imposerai, à compter du 1er octobre 2025, un tarif douanier de 25 % sur tous les “poids lourds (gros camions!)” fabriqués dans d’autres régions du monde», a-t-il déclaré.
Trump a justifié cette mesure par des considérations de sécurité nationale, un argument souvent invoqué pour contourner les engagements pris dans le cadre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
«Par conséquent, nos grands constructeurs de camions, tels que Peterbilt, Kenworth, Freightliner, Mack Trucks et autres, seront protégés contre les perturbations extérieures. Nous avons besoin que nos transporteurs soient financièrement solides et en bonne santé, pour de nombreuses raisons, mais avant tout pour des raisons de sécurité nationale!»
La décision survient alors que certains constructeurs, comme Mack Trucks et Volvo, dénonçaient déjà les effets inéquitables de la politique tarifaire actuelle. Ceux-ci doivent payer des droits sur des composants fabriqués hors des États-Unis, tandis que les camions complets assemblés au Mexique entrent sans droits grâce à l’ACEUM.
Le président de Volvo Trucks North America, Peter Voorhoeve, a expliqué plus tôt cette semaine à notre publication soeur trucknews.com que son entreprise se sentait désavantagée par ce système. Il a précisé que Volvo applique actuellement une surtaxe tarifaire de 3 500 $ US par camion, ce qui ne couvre pas la totalité des frais additionnels.

Du côté de l’industrie, l’annonce a été accueillie avec prudence, voire inquiétude. Dans une lettre à ses membres, le président de l’American Trucking Associations (ATA), Chris Spear, a réitéré l’opposition de l’association à cette mesure.
«Ce soir, l’administration Trump a annoncé la conclusion de son enquête sur la sécurité nationale en vertu de l’article 232 concernant la production étrangère de camions moyens et lourds ainsi que de pièces pour camions. Par conséquent, le tarif douanier passera de 0 % à 25 % à compter du 1er octobre», a-t-il écrit.
«L’ATA a contesté le bien-fondé de cette enquête dès son lancement, et nous avons soumis des commentaires au Department of Commerce au printemps dernier pour faire part de notre opposition.»
Tout en reconnaissant l’objectif de renforcer la production nationale, Spear a souligné que la conjoncture actuelle n’est pas favorable à une hausse des coûts :
«Le secteur du camionnage traverse une période extrêmement difficile, marquée par une baisse des volumes de fret et une hausse des coûts. Nous évaluons actuellement l’impact potentiel de ces tarifs sur les prix des camions, surtout si les fabricants envisagent de relocaliser leur production du Mexique vers les États-Unis. Ces coûts supplémentaires devront être absorbés par les transporteurs, grands ou petits.»
L’annonce a toutefois bénéficié à certains acteurs du marché : les actions de Paccar, société mère de Peterbilt et Kenworth, ont bondi de 6 % avant l’ouverture des marchés, les analystes anticipant un avantage concurrentiel accru pour les fabricants déjà implantés aux États-Unis.
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