Un bilan mitigé pour les PME en 2024
La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a dévoilé l’édition 2024 de son étude Bilan et perspectives des PME du Québec, regroupant les données annualisées du Baromètre des affaires, qui démontre que les PME ont connu une année difficile, mais meilleure que la précédente.
Leur niveau de confiance annuelle à long terme remonte pour s’établir à 52,6, une augmentation par rapport à 2023, mais encore sous la moyenne historique sur 15 ans. De plus, 43 % d’entre elles considèrent que la situation de leur entreprise est bonne, 44 % estiment que leur situation d’affaires est acceptable, et 14 % jugent que leur situation est mauvaise.
«La confiance des PME québécoises est sur la pente remontante», a déclaré François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.

«Encore une fois, les PME ont su naviguer en eaux troubles, malgré les impacts des conflits de travail du chemin de fer, des ports du Canada et de la poste. À cela s’ajoutent les restrictions sur les travailleurs étrangers temporaires et, à la fin de l’année, les craintes liées aux tarifs douaniers avec les États-Unis. On peut expliquer en grande partie la remontée de la confiance grâce aux baisses du taux de la Banque du Canada.»
En 2024, les pénuries de main-d’œuvre qualifiée (49 %) ex æquo avec la demande insuffisante (49 %) et le manque de fonds de roulement (29 %), sont les trois principales raisons pour expliquer les limites à la croissance en termes de ventes et de production des PME québécoises.
Ce sont aussi les trois principales limites dans le secteur des transports, représentant respectivement 59%, 54% et 20% des réponses. Les trois principales pressions sur les coûts dans le secteur sont liées aux coûts d’assurance (71%), des carburants (67%) et aux charges salariales (65%).
«Nous devons saluer l’ingéniosité et la résilience des personnes qui sont à la tête des PME au Québec, parce qu’il n’est pas évident de progresser quand d’un côté les ventes diminuent, la main-d’œuvre est rare et que de l’autre, les coûts d’exploitation continuent d’augmenter. D’ailleurs, c’est ce qui peut expliquer que 14% des PME du Québec jugent que leur situation est mauvaise», ajoute François Vincent.
La FCEI estime les gouvernements doivent s’engager publiquement à faire la différence et adopter un réflexe PME pour les mettre au cœur de toutes leurs décisions, notamment avec un plan qui doit limiter l’augmentation des coûts, créer un environnement fiscal compétitif pour favoriser l’investissement privé et réduire le fardeau administratif et réglementaire pour accorder du temps aux entrepreneurs.
«Pour assurer l’avenir de l’économie des régions et améliorer le sort de plus de deux millions de Québécois qui travaillent dans une PME, le gouvernement du Québec doit faire de 2025 l’année des petites et moyennes entreprises», indique François Vincent. «Le premier ministre François Legault peut envoyer un message fort dès le début de l’année en diminuant le poids fiscal des petites entreprises qui est le plus lourd du pays, en protégeant les PME dans la transition énergétique et en accélérant la diminution de la paperasserie.»
Le Bilan et perspectives des PME du Québec présente l’année 2024 pour les 12 secteurs économiques et pour les 17 régions administratives du Québec, et offre une comparaison avec l’année précédente ainsi que la moyenne de 15 ans. Le portrait englobe le niveau de confiance des PME, l’état de leurs affaires, l’augmentation des prix et des salaires, les principales pressions sur les coûts d’exploitation et ce qu’ont été les limites à la croissance des ventes et de production. Les données se basent sur les réponses de 1 421 propriétaires de PME.
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