Une multiplicité d’options abordées au Colloque sur les énergies alternatives de l’ACQ 

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De nombreux acteurs du développement du transport durable se sont réunis lors du colloque sur les énergies alternatives de l’Association du camionnage du Québec (ACQ) et ont discuté des nombreux enjeux et nouveautés liés à l’utilisation des carburants alternatifs dans l’industrie.

Une partie du colloque était consacrée à la réglementation EPA27. Selon Yves Maurais, directeur des dossiers techniques et opérationnels de l’ACQ, il est important d’expliquer et de comprendre quelles répercussions aura cette nouvelle réglementation sur le secteur du camionnage nord-américain.

Marc-André Caza de Cummins (Photo: David Simard-Jean)

Marc-André Caza, directeur général des ventes pour le marché routier au Québec chez Cummins, a expliqué que les normes d’émissions qui arriveront en 2027 influenceront la fabrication des camions pour les rendre plus écoénergétiques, notamment les diesels.

Mais cela obligera aussi les manufacturiers à réviser leur portfolio en fonction des nouvelles normes, ce qui poussera certains à se tourner vers des énergies alternatives. «Que vous soyez en faveur ou contre, je pense qu’ultimement, s’éloigner du diesel est aujourd’hui est la solution principale», a déclaré Thierry Salem, directeur des ventes chez Globocam.

Gaz naturel

Si la propulsion électrique à batterie ou à l’hydrogène sont les énergies alternatives auxquelles les gens pensent le plus, le gaz naturel est une option viable et beaucoup plus accessibles que certains pensent, ont rappelé certains intervenants.

Francisco Doyon, conseilleur au développement gaz naturel pour véhicules chez Énergir, a notamment montré qu’avec 770 stations publiques en GNC en Amérique du Nord, dont 70 au Canada, le réseau d’approvisionnement en gaz naturel est très vaste.

«Le GNC s’est vraiment déployé dans les dernières décennies», a-t-il affirmé. «En plus des infrastructures de ravitaillement, la technologie s’est aussi améliorée. Les réservoirs sont moins lourds, ce qui offre plus de latitude aux transporteurs.»

Il voit aussi un plus grand attrait des transporteurs pour le gaz naturel. «On n’a jamais fait autant de rencontres avec des concessionnaires et des entreprises de transport pour mettre à jour leurs infrastructures», dit-il.

Richard Prévost, représentant des ventes et de la formation pour le GNC chez EBI Énergie, fervent partisan du gaz naturel, a aussi expliqué en quoi il s’agit d’une bonne alternative qui est disponible et accessible maintenant, et qu’il est facile de former les employés, loin des préjugés de certains qui pensent qu’il s’agit d’un carburant dangereux.

Marc-André Caza a aussi mentionné la nouvelle plateforme agnostique de Cummins, renommée HELM (pour Higher Efficiency Lower emission. Multiple Fuels), qui servira de modèle pour le nouveau moteur au gaz naturel, le Cummins X15N, est en ce moment en production à l’usine de Cummins à Jamestown (NY).

Hydrogène

Marc-André Caza a également présenté le moteur à hydrogène de Cummins, s’appuyant aussi sur la plateforme HELM, qui sera disponible en 2027, ce qui démontre l’implication de Cummins dans tous types de carburants. «Cummins est présent à tous les niveaux en ce qui a trait à l’hydrogène, de la production à la combustion. C’est pour ça qu’on a pris l’engagement d’être un écosystème complet de l’hydrogène. On veut le développer.»

Catherine Gosselin, chargée de projet senior chez Harnois Énergies, a fait part de l’importance de l’hydrogène vert pour la compagnie, que ce soit avec le train de Charlevoix, l’essai d’un mois d’un camion Nikola, l’achat de cinq camions à hydrogène qui seront livrés en 2026 ou bien l’ouverture de sa première station publique de ravitaillement à l’hydrogène à Québec. Elle a aussi parlé de nouveaux projets de production d’hydrogène, comme le gazoduc d’hydrogène à Gatineau qui sera mis en service en 2026 par Gazifère, le projet de réseaux de stations d’hydrogène d’Hydrolux et le Projet Mauricie de TES Canada prévu pour 2028.

Martin Blanchet, directeur des ventes nationales et des énergies alternatives pour Peterbilt, a présenté le tracteur Peterbilt 579 HFC muni d’une pile à combustible à hydrogène Toyota afin de démontrer tout le potentiel de l’hydrogène comme carburant pour la longue distance.

Électrification

Une bonne partie de la journée était consacrée à l’électromobilité dans le secteur du camionnage. Outre un panel avec les premiers adoptants de l’électrification à propos de leur expérience, des représentants de l’Institut du véhicule innovant (IVI) et de Cléo ont fait part du potentiel et de l’offre de moteurs électriques.

Mathieu Chevigny et Charles Trudel (Photo : David Simard-Jean)

Les membres du Projet Flotte rechargeable de l’IVI ont présenté les résultats positifs de leur projet avec la conclusion que les camions électriques sont viables pour plusieurs applications et que la clé du succès est de cibler les bonnes routes. «Ce qu’on vous montre aujourd’hui, c’est qu’il y a de réels bénéfices, qu’ils soient financiers, environnementaux, ou même envers les chauffeurs. Donc oui, ça ne fonctionne pas pour tous les types de transport, mais quand ça marche, ça fonctionne à merveille», a indiqué Charles Trudel, chef de groupe des applications technologiques chez l’IVI.

Sylvain Cabanetos (Photo: David Simard-Jean)

Sylvain Cabanetos, chargé des comptes pour Cléo, a de son côté présenté les nouveautés pour Cléo, comme son acquisition par Polara et de ses récentes collaborations avec Ikea et Purolator. Il a terminé avec les dernières tendances de Cléo en termes d’électrification, comme les nouvelles bornes V2X, l’optimisation intelligente avec l’intelligence artificielle afin de prédire les cycles d’utilisation des véhicules électriques, le nouveau système de recharge mégawatt et le projet d’installation de solutions de recharge en régions éloignées.

Complémentarité des énergies

Si les intervenants ont fait la promotion de l’énergie qu’ils représentaient, ils étaient tous d’accord pour dire que l’avenir du transport durable au Québec ne se construira pas autour d’un seul carburant, mais avec une complémentarité des énergies.

«La transition énergétique doit passer par tous les outils qui sont devant vous et disponibles en fonction de votre région, de votre type de transport, de l’infrastructure qui est présente et de votre concessionnaire», a souligné Richard Prévost.

L’ombre d’Écocamionnage

L’ombre de la récente suspension du programme d’Écocamionnage a plané tout le long du colloque. Cette subvention était d’une grande aide pour des transporteurs qui souhaitaient se lancer dans l’expérience du transport durable.

Yves Maurais a cependant fait part que le ministère des Transports et de la Mobilité durable a demandé au Conseil du trésor des fonds supplémentaires pour le programme.


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